vendredi, 18 avril 2008
dEUS (4): "La Libre" et "La DH" fayotent
Pouah!... C'est un mail nauséabond que viennent d'adresser les rédac'chefs de La Libre et de La DH, Michel Konen et Hubert Leclercq, à l'ensemble des acteurs belges de l'industrie phonographique. Les duettistes d'IPM se posent en chevaliers blancs de la presse nationale. Mais leurs croassements les trahissent: c'est en corbeaux qu'ils dénoncent, réclamant des sanctions contre Le Soir, qui a eu l'outrecuidance de violer l'embargo inique d'Universal Music sur l'interview du groupe dEUS. La Libre et La DH réclament des "mesures préventives" et "fermes" aux firmes. En clair: le boycott d'un "inconvenant confrère", à leur profit...
"L'affaire dEUS a le mérite de lever un tabou, admet un inspiré confrère: celui du rabotage trop souvent consenti du droit d'informer librement dans une sphère culturelle de plus en plus soumise aux logiques marchandes".
Sous couvert d'orthodoxie déontologique, Konen et Leclercq attisent la concurrence sans foi ni loi qui mine les rédactions culturelles. Leur écoeurant fayotage n'a qu'un effet: accroître le pouvoir des censeurs et des marchands sur les journalistes. On attend d'un rédacteur en chef qu'il défende l'indépendance de la presse. Pas qu'il contribue à la soumettre aux diktats des diffuseurs de produits culturels.
La soumission de Konen et Leclercq est d'autant plus piteuse que Le Soir les avait invité à partager sa rébellion contre Universal, vendredi dernier... Seul De Morgen avait suivi. La Libre et La DH avaient courageusement décliné. Peut-être déjà avec l'intention malsaine de pousser leurs débectants croassements? Coah!
Sources: informateurs particuliers. Illu: hubblesource.stsci.edu.
23:47 Publié dans Déonto, La DH, La Libre, Le Soir | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : michel konen, hubert leclercq, deus, universal
mardi, 15 avril 2008
dEUS (3): "La Libre" accentue l'emprise des majors sur la presse!
L'embargo inique d'Universal Music sur
les interviews de dEUS venait à échéance ce mardi 15 avril. Peu rebelle, la presse belge a massivement respecté le diktat de la major: sur vingt médias invités à signer le contrat d'embargo assorti d'une astreinte de 25.000 euros, un seul, Télémoustique, a refusé de jouer dans la pièce. Mais il s'est vu proposer un entretien ultérieur avec le chanteur du groupe, le 18 avril!
Seuls deux titres sont entrés en rébellion, violant l'embargo: Le Soir, samedi (qui avait invité, dès vendredi la plupart de ses concurrents à le suivre), et De Morgen, lundi.
La Libre, également signataire du contrat controversé, a préféré ne pas publier l'interview, ce mardi... "L'astreinte prévue par Universal est, pensons-nous, une voie sans issue, écrit Michel Konen. C'est pour cette raison que nous ne publierons pas l'entretien avec Barman. Mais, afin de ne pas priver nos lecteurs d'une nouveauté phonographique importante, nous publierons notre critique du nouvel opus de dEUS quand celui-ci sera disponible chez les disquaires".
Noble attitude? Le rédac'chef du quotidien catholique étale surtout sa jubilation à l'idée de fustiger ses vespéraux confrères... Konen en vient à sombrer dans l'aporie... Voici donc un homme réputé pénétrant qui juge à la fois l'astreinte "maladroite, inutile, inefficace et inacceptable", et se propose rien moins qu'accentuer l'emprise marchande des majors sur la presse: "Une seule règle s'impose en la circonstance : ceux qui ne respectent pas les accords doivent être placés sur une liste noire et ne plus être invités aux rencontres organisées par les producteurs". Mais c'est bien sûr! Et pourquoi pas accorder un temps de parole proportionnel à la complaisance des questions du journaliste (préalablement soumises au "product manager", of course)?
The Mole préfère de loin l'humour indocile des juristes du Morgen. Constatant qu'un contrat engage les deux parties, et qu'Universal a toléré que deux médias en libre circulation en Belgique - le français Les Inrocks et le néerlandais Oor (1) - publient des interviews de dEUS avant l'échance fixée, ils réclament à la major une double astreinte de 25.000 euros! Revolution, now!
(1) Oor propose même le nouvel album de dEUS contre un supplément de 3,95 euros pour chaque abonnement de six mois (ceci n'a évidemment rien à voir avec le fait qu'Universal ait autorisé Oor à diffuser l'interview de dEUS dès le 10 avril)!
Sources: La Libre, De Morgen, Oor, Les Inrocks, Casacosmani, Wikipédia.
22:30 Publié dans Déonto, La Libre, Le Soir | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : deus, michel konen, universal, tom barman, le soir, de morgen
samedi, 12 avril 2008
dEUS (2): la presse victime de ses propres travers!
Le Soir a donc violé, ce samedi, l'embargo inique qu'imposait Universal à la presse belge. Le quotidien publie l'interview de dEUS et la critique de leur nouvel album, qui ne devaient officiellement pas être rendus publics avant le 15 avril. Le journal explique, ce samedi, que "c'est sous la contrainte" que son chroniqueur musical, Thierry Coljon, a signé, lundi, à Anvers, un contrat d'embargo assorti d'une astreinte de 25.000 euros. "Une clause pénale totalement démentielle", commente l'avocat Alain Berenboom.
Thierry Coljon écrit, samedi après-midi, sur le site du Soir, que c'est "un mail d'intimidtion" (NDLR: d'Universal) adressé, vendredi matin, à la direction du journal qui a décidé le quotidien à briser l'embargo. "On ne pouvait le tolérer. Que ceci serve d'exemple afin que plus jamais ne se reproduise ce type d'abus. Autre détail: c'est bien sous la contrainte, au moment où je m'apprêtais à saluer Tom Barman, que j'ai dû malgré tout signer ce contrat. C'est illégal! (...) Promis, juré, plus jamais je ne signerai ce type de contrat. On ne m'y reprendra plus".
Pour le reste, Thierry Coljon estime, dans son commentaire, qu'"à moins d'oeuvrer dans la plus grande anarchie et l'illégalité la plus totale, le journaliste est contraint de travailler avec les firmes, pour avoir accès aux disques et aux artistes".
Thierry Coljon estime aussi que les journalistes musicaux sont "forcés d'être partenaires (NDLR: des firmes), dans le respect mutuel, pour le plus grand bien de l'artiste". "Avec le sourire, et dans la bonne humeur", ajoute-t-il, regrettant qu'elle soit "de plus en plus gâchée par le stress d'employés mis sous pression par les actionnaires".
C'est un point de vue. Casacosmani le conteste allègrement.
Le véritable sujet est peut-être ailleurs. Dans l'argumentaire, recueilli par Daniel Couvreur, du directeur marketing d'Universal Belgium, Niels Dierckx... A l'entendre, ce sont les mauvaises manières de la presse, ses manoeuvres sans loi pour sortir l'info avant le concurrent, qui auraient incité la major à imposer un tel contrat d'embargo.
Filip Vanes, manager d'Hooverphonic, interrogé par Le Soir, estime que "c'est entièrement la faute des médias. De la concurrence féroce, notamment, entre Humo et le Focus-Knack"... D'autres sources évoquent même une demande explicite d'Humo à Universal afin que tout soit mis en oeuvre pour bétonner l'embargo...
La presse en vient, en somme, à dénoncer des pratiques qu'elle a elle-même contribué à mettre en place! Beau cas d'école pour l'AJP!
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Mise à jour (14/04)
- Ce lundi, le quotidien flamand De Morgen viole, à son tour, l'embargo d'Universal, en publiant l'interview du groupe.
- Le quotidien français Le Monde évoque la controverse belge, sur son site.
- Intéressante "Carte blanche" de Serge Coosemans, relevant la tendance du chaland à délaisser la couverture traditionnelle de l'actu musicale... "On ne trouve plus aucun intérêt à ce verbe plus proche du publi-reportage vite expédié entre deux cocktails promotionnels que de la verve d’un Nick Cohn, d’un Lester Bangs, d’un Yves Adrien, de tous ces journalistes célèbres ou non ; de tous ces anonymes bénévoles ayant un jour écrit l’une ou l’autre ligne honorant l’intelligence et le sens critique du lecteur plutôt que de plus simplement tenter de lui transmettre l’impulsion d’achat". Intéressants coms, aussi: "J’aime l’idée défendue par un commentateur dans les forums du Soir, écrit Serge: aborder la musique comme la critique gastronomique. Payer ses disques, payer ses concerts et aborder labels et artistes que lorsqu’on a réellement besoin d’eux (...). Aussi beaucoup plus s’ouvrir aux reportages longs (les scènes émergeantes, le death métal norvégien, que reste-t-il des mods bruxellois…) parlant d’une réalité plutôt que d’un truc à vendre".
Sources: Le Soir, Casacosmani, AJP, De Morge, Le Monde, Wikipédia.
15:40 Publié dans AJP, Déonto, Le Soir, Principes, Spécialisés | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : deus, universal music, thierry coljon, humo, focus, knack
jeudi, 10 avril 2008
dEUS: Universal Music met la presse au pas
Molenews ne croyait pas viser si juste en relevant la pression croissante du marché sur les journalistes culturels... Universal Music en livre une pathétique démonstration: lundi, les critiques rock invités à rencontrer Tom Barman, à l'occasion de la sortie du nouvel album de dEUS, se sont vus imposer la signature d'un invraisemblable contrat...
Pas question d'approcher le groupe faute de s'engager préalablement, par contrat signé, "à ne pas publier cette interview (ou une partie de cette interview) avant la date du mardi 15 avril 2008 ni d’en faire part à une tierce personne avant cette même date. Le Media de presse écrite réalise l’importance de cet embargo et s’engage à payer à l’Artiste (avec un grand A!) des frais de dédommagements - à savoir un montant de 25.000 euros (vingt-cinq mille) - en cas de non respect de cet embargo et ce sans intervention juridique”.
C'est le blog pop-rock du Soir qui a révélé le procédé, mercredi, tout en reconnaissant avoir cédé à l'exigence du "Product Manager" d'Universal (alors que d'autres journalistes ont préféré tourner les talons)... Nos confrères vespéraux promettaient, jeudi, de revenir en long et en large sur ces manoeuvres d'intimidation, dans leurs éditions de samedi: "Il n’est pas question de se coucher devant Universal, assure Thierry Coljon, le rock critic en chef du Soir. Attendez donc ce samedi, quand on balancera toute la purée (et sa cuisine interne, bien sûr), trois jours avant le 15, date de l’embargo".
Thierry Coljon ajoute, sur le site des fans français de dEUS, que "Tom est entièrement au courant de toutes les exigences concernant son groupe. En totale complicité avec son manager Christian Pierre et la firme Universal. Il s’en lave les mains? Oui, donc il accepte. Comme tous les artistes qui comptent sur leur manager ou firme de disques pour leur faire faire le sale boulot à leur place".
Le diktat qu'inflige Universal à la presse musicale belge est d'autant plus saugrenu que Tom Barman a livré en avant-première aux Inrocks, voici un mois déjà, ses impressions sur le nouvel album. "Moi, dit Barman, j'adore les maisons de disques... J’adore le fait qu’il y ait des gens qui attendent notre disque, qui travaillent dessus, qui organisent des journées où l’on en parle, etc". On comprend mieux l'excitation qui règne dans le marigot belgo-belge!
Revolution Now? Notre "leader déviant" préféré n'y croit qu'à moitié... On lira sans doute prochainement sur son blog la Carte blanche qu'il destinait au Soir (à moins que le quotidien vespéral ne revienne, d'ici samedi, sur son refus?).
Résumons. Universal menace et intimide? Que la presse dénonce en choeur ses manoeuvres grotesques (à l'instar de Philippe Cornet, dans Journalistes)! Qu'elle viole allègrement cet embargo imposé sous la menace. Surtout, surtout, que Barman aille faire sa promo à la Star'Ac. Et qu'il nous laisse déguster en paix la Nouvelle Star.
Sources: Le Soir (Frontstage), Les Inrocks, deus-fr.net, Casacosmani, Journalistes (AJP), Wikipédia. Illu: zEUS.
22:13 Publié dans Déonto, Le Soir, Principes | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : deus, universal music, thierry coljon, tom barman
vendredi, 04 avril 2008
La RTBF censure ses partenaires "infidèles"
Excellent sujet d'étude pour nos distingués confrères d'interMédias!... Alain Jennotte révélait, jeudi, dans Le Soir, le boycott qu'inflige la RTBF aux Grignoux, l'une des principales ASBL culturelles du pays (140 emplois, huit salles de cinéma d'art et essai, à Liège). Manifestement, nos débats soutenus (1 et 2), et ceux de l'AJP, sur la pression croissante du marché sur les journalistes culturels sont en plein dans l'actu.
Les faits: l'ASBL Les Grignoux inaugure un complexe de quatre salles de cinéma, à Liège, le 9 mai. Un budget modeste (13.000 euros) est prévu pour la campagne de lancement. Il ira à l'agence IP, filiale du groupe RTL. C'est donc Bel RTL et Mint qui assureront la promo sur leurs ondes. Les mesures de rétorsion ne tardent pas: la RTBF suspend immédiatement la chronique cinéma que les Grignoux animaient depuis plus de dix ans sur VivaCité. Mieux: la chaîne publique annule carrément l'émission spéciale qui devait célébrer, sur la Première, l'ouverture du nouveau complexe... Des consignes sont données: les journalistes se contenteront d'un sujet radio, éventuellement un reportage télé, mais ce n'est même pas sûr.
Dans le genre diktat de la promo sur l'éditorial, difficile de faire mieux... Cité par Le Soir, Francis Goffin (ex-RTL), le patron de la radio... et des partenariats, à la RTBF, plaide franchement coupable: "Les Grignoux ont décidé unilatéralement de changer de partenaire. Les contreparties que la RTBF a l'habitude de donner à ses partenaires tombent donc de fait". Traduction: l'un de nos partenaires culturels file son budget promotionnel à RTL, les journalistes de la chaïne publique sont priés d'en faire le minimum sur son actu. En clair, ça s'appelle du boycott éditorial fondé sur le pognon. Une logique imposée par les dealers de partenariats aux journalistes!
L'affaire n'en restera pas là. Forts des aveux implicites de Goffin, Les Grignoux ont saisi le Conseil supérieur de l'audiovisuel... Le patron de la radio semble avoir oublié que le contrat de gestion de sa noble maison fait de la promotion de la culture en Communauté française une priorité. Juste contrepartie au généreux financement public accordé à la RTBF. Le citoyen paye: il a le droit d'exiger de la chaîne publique une couverture médiatique honnête de son paysage culturel, une couverture détachée des intérêts commerciaux (hummm!).
Comme si ça ne suffisait pas, Le Soir livre une nouvelle démonstration, vendredi, des diktats de la promo ertébéenne sur l'éditorial: Le Festival du film fantastique de Bruxelles (Bifff) a eu l'outrecuidance, lui aussi, de conclure un partenariat avec le groupe RTL (via Mint et Plug TV). Selon Le Soir, "des ordres clairs de boycott ont été donnés à ceux qui traitaient habituellement du Bifff sur les antennes ertébéennes"... Paraît même que Ponpon, pour la première fois de sa carrière, est interdit d'animer le Bal des Vampires! Te laisse pas faire, Ponpon. The Mole est avec toi. Et il se réjouit déjà du débat franc et ouvert que la prochaine édition d'interMédias tiendra immanquablement sur ces passionnantes péripéties ertébéennes!
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Mise à jour (10/04)
La Société des Journalistes de la RTBF (SDJ-RTBF) et l’Association des Journalistes Professionnels rappellent que "les relations entre les partenariats et le travail journalistique sont clairement balisées à la RTBF".
Le code de déontologie interne est clair:
“Il appartient à la RTBF de veiller à éviter toute confusion entre ses programmes et les insertions publicitaires et promotionnelles qu’elle diffuse. Les journaux, en ce compris les pages sportives, et les magazines d’information, se fondent sur le principe de l’unicité de l’émission. Les émissions d’information ne peuvent être parrainées. Le contenu et la programmation d’une émission parrainée ne peuvent en aucun cas être influencés par le parrain de manière à porter atteinte à la responsabilité et à l’indépendance éditoriale de la RTBF.
Les événements parrainés par la RTBF ne peuvent faire l’objet d’accords tendant à influencer le contenu des émissions d’information.
En particulier, on ne peut :
- promettre à l’organisateur d’une manifestation parrainée une couverture dans les journaux d’information;
- interdire la couverture d’un événement au motif qu’il s’agit d’un partenariat d’un média concurrent;
- couvrir un événement qui ne le mérite pas dans le but de favoriser les relations avec un partenaire;
- chercher à influer sur le contenu d’une séquence relative à une manifestation parrainée”.
L’AJP "engage toutes les autres rédactions à réfléchir à ces questions et à adopter des règles claires relatives aux relations entre partenariats et travail journalistique".
Sources: Le Soir, AJP, SDJ-RTBF, Les Grignoux, Bifff. Illus: delabelleepoqueauxanneesfolles.com & Pep.
15:39 Publié dans AJP, Déonto, Le Soir, Principes, RTBF | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : censure, boycott, rtbf, grignoux, bifff, csa, francis goffin
samedi, 29 mars 2008
Quel est le véritable job d’un journaliste rock?
C'est quoi, un rock critic?... Sergio, notre "leader déviant" préféré, pose opportunément la question. Et y répond avec cette fulgurance qui fait tout son charme.
Le journaliste rock, à l'instar des consoeurs et confrères qui officient pour les rubriques culturelles de la plupart de nos médias, sont exposés à une pression croissante des producteurs et des diffuseurs de "produits culturels". Un vent contraire qui les pousse au dérapage: pris dans le tourbillon mercatique, le critique s'empêtre tour à tour dans l'unanimisme simplet et le dézingage immérité. Le journaliste rock adule ou carbonise. Il n'informe plus. Pas tous, certes, pas toujours non plus, mais le plis est pris.
Des majors en viennent même à mettre à l'encan les opportunités d'entretiens "exclusifs" avec les étalons les plus en vue de leurs écuries. L'interview ira au titre le plus offrant!... La promo impose sa loi sur l'éditorial, à coup d'opérations spéciales. L'intérêt du lecteur passe au second plan. Et personne, ou presque, ne moufte!... Inspirée par une note précédente de Molenews, la prochaine livraison de Journalistes, la revue de l'AJP, évoquera cette dérive cachée. La furieuse chronique de Sergio y aurait eu toute sa place. "Awopbopaloobop Alopbamboom"!
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Mise à jour (3 avril)
Journalistes est sorti de presse. A la Une: le dossier consacré aux "critiques sous pressions". "En musique comme en cinéma, écrit Jean-François Dumont, les maisons de production ne se gênent plus pour formuler des exigences comme si elles étaient propriétaires de la scène médiatique". L'AJP n'épargne pas pour autant les entreprises de presse: "Les médias ne sont pas exempts de toute responsabilité (...). On sait avec quelle ardeur des rédactions participent parfois aux tapages du marketing orchestré pour la sortie d'une BD ou d'un film". Ce qui n'est pas sans rappeler nos propres commentaires: "La presse culturelle - une certaine presse culturelle - n'a peut-être que les censeurs qu'elle mérite".
Philippe Cornet, qui collabore au Vif et à la RTBF, constate que "le secteur rock-chanson est devenu aussi gardé qu'un festival de Werchter: les barrières sont partout"... C'est l'exception quand "le journalisme trouve encore un peu de substance... En trente ans, l'industrie a intensifié sa paranoïa." Notre confrère reste confiant: "Pour sortir de cette mise en scène grotesque, on privilégie l'esprit libre, on oublie les recommandations nulles sur les "questions délicates", on envoie péter les "round tables", on évite les "phoners", on dit non aux demandes de relecture (nouveau, ça!), on cherche l'énergie, la créativité, parfois dans les multinationales, souvent en dehors". Belle profession de foi...
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Mise à jour (4 avril)
Et le débat suit son cours ici.
Sources: Journalistes, Casacosmani, AJP, Wikipédia. Illu: technikart.com.
15:39 Publié dans Déonto, Principes, Spécialisés | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : rock critic, casacosmani, promo
lundi, 10 mars 2008
L'affligeante impartialité d'interMédias
La Maison Molenews n'est pas vraiment du genre à s'effaroucher au premier dézingage venu. Encore faut-il dézinguer avec à-propos. Et là, franchement, on ne peut pas dire que notre éminent confrère Alain Gerlache nous ait pleinement convaincu...
Présentant son nouveau projet de décryptage médiatique, interMédias, samedi, La Libre a eu le mauvais goût de lui balancer qu'il s'était manifestement inspiré de l'excellent @rrêt sur images, de Daniel Schneidermann.
Gerlache ne nie pas, mais dézingue: "Notre démarche se veut idéologiquement impartiale".
"La sienne ne l'est pas?", réplique opportunément Myriam Leroy.
"La nôtre l'est", tranche Gerlache.
Après avoir vu la première d'interMédias, lundi soir, on comprend mieux le sec propos de l'ex-porte-parole du Premier ministre, ci-devant Secrétaire général de la Communauté des télévisions francophones... Son émission à lui est effectivement d'une affligeante impartialité idéologique. Le genre de bienveillante neutralité qui vous rebat les oreilles sans qu'on s'en aperçoive.
Le pire est dans la tonalité générale, dans cette dégoulinante et béate fascination envers les prétendues vertus de l'interactivité et de l'immédiateté du Net... Pénible vulgate. On se croirait presque dans un des chapitres d'"Objectif blogs!".
Bon Dieu, quelle soupe! Vite une bonne rasade de fiel Schneidermannien, qu'on se désaltère!
Sources: La Libre, interMédias, La Une, @rrêt sur images, Wikipédia.
23:40 Publié dans RTBF | Lien permanent | Commentaires (27) | Envoyer cette note | Tags : alain gerlache, rtbf, daniel schneidermann, @rrêt sur images, intermédias



