« dEUS: Universal Music met la presse au pas | Page d'accueil | dEUS (3): "La Libre" accentue l'emprise des majors sur la presse! »
samedi, 12 avril 2008
dEUS (2): la presse victime de ses propres travers!
Le Soir a donc violé, ce samedi, l'embargo inique qu'imposait Universal à la presse belge. Le quotidien publie l'interview de dEUS et la critique de leur nouvel album, qui ne devaient officiellement pas être rendus publics avant le 15 avril. Le journal explique, ce samedi, que "c'est sous la contrainte" que son chroniqueur musical, Thierry Coljon, a signé, lundi, à Anvers, un contrat d'embargo assorti d'une astreinte de 25.000 euros. "Une clause pénale totalement démentielle", commente l'avocat Alain Berenboom.
Thierry Coljon écrit, samedi après-midi, sur le site du Soir, que c'est "un mail d'intimidtion" (NDLR: d'Universal) adressé, vendredi matin, à la direction du journal qui a décidé le quotidien à briser l'embargo. "On ne pouvait le tolérer. Que ceci serve d'exemple afin que plus jamais ne se reproduise ce type d'abus. Autre détail: c'est bien sous la contrainte, au moment où je m'apprêtais à saluer Tom Barman, que j'ai dû malgré tout signer ce contrat. C'est illégal! (...) Promis, juré, plus jamais je ne signerai ce type de contrat. On ne m'y reprendra plus".
Pour le reste, Thierry Coljon estime, dans son commentaire, qu'"à moins d'oeuvrer dans la plus grande anarchie et l'illégalité la plus totale, le journaliste est contraint de travailler avec les firmes, pour avoir accès aux disques et aux artistes".
Thierry Coljon estime aussi que les journalistes musicaux sont "forcés d'être partenaires (NDLR: des firmes), dans le respect mutuel, pour le plus grand bien de l'artiste". "Avec le sourire, et dans la bonne humeur", ajoute-t-il, regrettant qu'elle soit "de plus en plus gâchée par le stress d'employés mis sous pression par les actionnaires".
C'est un point de vue. Casacosmani le conteste allègrement.
Le véritable sujet est peut-être ailleurs. Dans l'argumentaire, recueilli par Daniel Couvreur, du directeur marketing d'Universal Belgium, Niels Dierckx... A l'entendre, ce sont les mauvaises manières de la presse, ses manoeuvres sans loi pour sortir l'info avant le concurrent, qui auraient incité la major à imposer un tel contrat d'embargo.
Filip Vanes, manager d'Hooverphonic, interrogé par Le Soir, estime que "c'est entièrement la faute des médias. De la concurrence féroce, notamment, entre Humo et le Focus-Knack"... D'autres sources évoquent même une demande explicite d'Humo à Universal afin que tout soit mis en oeuvre pour bétonner l'embargo...
La presse en vient, en somme, à dénoncer des pratiques qu'elle a elle-même contribué à mettre en place! Beau cas d'école pour l'AJP!
-----------------------
Mise à jour (14/04)
- Ce lundi, le quotidien flamand De Morgen viole, à son tour, l'embargo d'Universal, en publiant l'interview du groupe.
- Le quotidien français Le Monde évoque la controverse belge, sur son site.
- Intéressante "Carte blanche" de Serge Coosemans, relevant la tendance du chaland à délaisser la couverture traditionnelle de l'actu musicale... "On ne trouve plus aucun intérêt à ce verbe plus proche du publi-reportage vite expédié entre deux cocktails promotionnels que de la verve d’un Nick Cohn, d’un Lester Bangs, d’un Yves Adrien, de tous ces journalistes célèbres ou non ; de tous ces anonymes bénévoles ayant un jour écrit l’une ou l’autre ligne honorant l’intelligence et le sens critique du lecteur plutôt que de plus simplement tenter de lui transmettre l’impulsion d’achat". Intéressants coms, aussi: "J’aime l’idée défendue par un commentateur dans les forums du Soir, écrit Serge: aborder la musique comme la critique gastronomique. Payer ses disques, payer ses concerts et aborder labels et artistes que lorsqu’on a réellement besoin d’eux (...). Aussi beaucoup plus s’ouvrir aux reportages longs (les scènes émergeantes, le death métal norvégien, que reste-t-il des mods bruxellois…) parlant d’une réalité plutôt que d’un truc à vendre".
Sources: Le Soir, Casacosmani, AJP, De Morge, Le Monde, Wikipédia.
15:40 Publié dans AJP, Déonto, Le Soir, Principes, Spécialisés | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : deus, universal music, thierry coljon, humo, focus, knack



Commentaires
Ce qui m'interpelle, c'est qu'il a signé, a fait l'interview, et il l'a utilisée.
Pourquoi pas refuser de signer, pas faire l'interview et faire un dossier pour dénoncer ?
Ecrit par : Mateusz | samedi, 12 avril 2008
Chacun son trip, Mateusz, mais moi, si on me fourgue un contrat pareil sous le nez, sûr que je cours à la rédaction et que je monte un ramdam des mille diables, le soir même. Faut croire qu'on n'est pas fait comme les autres...
Ecrit par : The Mole | samedi, 12 avril 2008
Et t'en penses quoi Mole d'un journaliste qui semble penser que se procurer un disque se fait nécessairement dans l'illégalité s'il ne le reçoit pas d'une maison de disque? Ou de celui qui se sent "forcé d'être partenaire, dans un respect mutuel pour le plus grand bien de l'artiste"?
Allez, c'était pour rire. "C'est pas bien de s'en prendre aux camarades" alors on va pas te demander d'avoir un avis ;-)
Ecrit par : Jules-de-chez-Smith-en-face | lundi, 14 avril 2008
@ Jules: provocateur! (je n'ai pas que des amis non plus chez IPM!)
Ecrit par : The Mole | lundi, 14 avril 2008
Ecrire un commentaire