« La RTBF censure ses partenaires "infidèles" | Page d'accueil | dEUS (2): la presse victime de ses propres travers! »

jeudi, 10 avril 2008

dEUS: Universal Music met la presse au pas

1687375550.jpgMolenews ne croyait pas viser si juste en relevant la pression croissante du marché sur les journalistes culturels... Universal Music en livre une pathétique démonstration: lundi, les critiques rock invités à rencontrer Tom Barman, à l'occasion de la sortie du nouvel album de dEUS, se sont vus imposer la signature d'un invraisemblable contrat...

Pas question d'approcher le groupe faute de s'engager préalablement, par contrat signé, "à ne pas publier cette interview (ou une partie de cette interview) avant la date du mardi 15 avril 2008 ni d’en faire part à une tierce personne avant cette même date. Le Media de presse écrite réalise l’importance de cet embargo et s’engage à payer à l’Artiste (avec un grand A!) des frais de dédommagements - à savoir un montant de 25.000 euros (vingt-cinq mille) - en cas de non respect de cet embargo et ce sans intervention juridique”.

C'est le blog pop-rock du Soir qui a révélé le procédé, mercredi, tout en reconnaissant avoir cédé à l'exigence du "Product Manager" d'Universal (alors que d'autres journalistes ont préféré tourner les talons)... Nos confrères vespéraux promettaient, jeudi, de revenir en long et en large sur ces manoeuvres d'intimidation, dans leurs éditions de samedi: "Il n’est pas question de se coucher devant Universal, assure Thierry Coljon, le rock critic en chef du Soir. Attendez donc ce samedi, quand on balancera toute la purée (et sa cuisine interne, bien sûr), trois jours avant le 15, date de l’embargo".

Thierry Coljon ajoute, sur le site des fans français de dEUS, que "Tom est entièrement au courant de toutes les exigences concernant son groupe. En totale complicité avec son manager Christian Pierre et la firme Universal. Il s’en lave les mains? Oui, donc il accepte. Comme tous les artistes qui comptent sur leur manager ou firme de disques pour leur faire faire le sale boulot à leur place".

Le diktat qu'inflige Universal à la presse musicale belge est d'autant plus saugrenu que Tom Barman a livré en avant-première aux Inrocks, voici un mois déjà, ses impressions sur le nouvel album. "Moi, dit Barman, j'adore les maisons de disques... J’adore le fait qu’il y ait des gens qui attendent notre disque, qui travaillent dessus, qui organisent des journées où l’on en parle, etc". On comprend mieux l'excitation qui règne dans le marigot belgo-belge!

Revolution Now? Notre "leader déviant" préféré n'y croit qu'à moitié... On lira sans doute prochainement sur son blog la Carte blanche qu'il destinait au Soir (à moins que le quotidien vespéral ne revienne, d'ici samedi, sur son refus?). 

Résumons. Universal menace et intimide? Que la presse dénonce en choeur ses manoeuvres grotesques (à l'instar de Philippe Cornet, dans Journalistes)! Qu'elle viole allègrement cet embargo imposé sous la menace. Surtout, surtout, que Barman aille faire sa promo à la Star'Ac. Et qu'il nous laisse déguster en paix la Nouvelle Star.

 

Sources: Le Soir (Frontstage), Les Inrocks, deus-fr.net, Casacosmani, Journalistes (AJP), Wikipédia. Illu: zEUS.

Commentaires

Oui, bon. Elle n'est pas encore écrite, non plus, cette carte blanche. Purée et la pression des journalistes sur les journalistes, on en parlera un jour ?

Ecrit par : Serge Coosemans | vendredi, 11 avril 2008

Tu proposes, tu assumes ;-)

Ecrit par : The Mole | vendredi, 11 avril 2008

On est contents de savoir ce que le donneur de leçons en chef de la presse francophone pense de l'affaire, donneur de leçons en chef qui tente à son tour de récupérer l'affaire à son compte.
Louche...

Ecrit par : donneurenchef | vendredi, 11 avril 2008

Manifestement, The Mole n'a pas que des amis chez Rossel... donneurenchef, arrête de troller, ton adresse IP est claire comme de l'eau de vie (pas bien de s'en prendre aux camarades)

Ecrit par : The Mole | vendredi, 11 avril 2008

A voir le post précédent, on constate que The mole utilise donc des méthodes policières pour intimider ses détracteurs. Vive la démocratie (populaire).

Ecrit par : Contrecourant | samedi, 12 avril 2008

@ Contrecourant: Je n'ai jamais prétendu être le chevalier blanc de l'article 12 de la CEDH. Par ailleurs, je ne "flique" que ceux qui le méritent ou dont je soupçonne l'esprit malin. Jamais il ne m'est venu à l'idée (jusqu'à présent) d'aller vérifier ton adresse IP (tu vois je suis même capable d'ajouter le chantage aux traditionnelles méthodes particulières d'enquête) ;-)

Ecrit par : The Mole | samedi, 12 avril 2008

Au juste, quel est l'intérêt de ces clauses alors que le but est et reste de faire la promotion de l'artiste? Obtenir un effet stylisé genre "tir groupé"?

Ecrit par : Francois | dimanche, 13 avril 2008

Officiellement, il s'agit de mettre tous les médias sur pied d'égalité. Mais il est clair que le "tir groupé" a aussi son intérêt pour la firme (effet de masse, "tout le monde en parle, donc ça doit être génial"...). Dans le cas qui nous occupe, Universal privilégieait, de fait, certains titres au détriment d'autres... "Humo" paraît le 15 avril (jour de levée de l'embargo), alors que son grand concurrent flamand, "Focus-Knack", ne paraît que le 16 avril.

Ecrit par : The Mole | dimanche, 13 avril 2008

C'est en effet parfaitement scandaleux. C'est comme si les Grignoux négociaient avec le plus offrant pour obtenir un "tir groupé" de promo lors de l'inauguration de leurs nouvelles salles.

Ecrit par : Contrecourant | lundi, 14 avril 2008

Ecrire un commentaire