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jeudi, 26 octobre 2006

"Politique": faites ce que je dis, pas ce que je fais

medium_politik.pngLe témoignage de notre percutant confrère Mehmet Koksal me laisse pantois!... La revue de gôôche Politique, dirigée par Henri Goldman, Hugues Le Paige et Bernard Richelle, consacre sa dernière livraison au précariat, notamment dans la presse... Et contribue elle-même à la précarisation des journalistes en ne rémunérant pas les collaborateurs sollicités!

Le dossier coordonné par Jérémie Detober et François Schreuer intègre le témoignage du journaliste indépendant Mehmet Koksal, "représentant typique de l’« intello précaire », surqualifié et abonné aux contrats précaires". L'article qu'il publie dans Politique, décrit "quelques-unes des difficultés auxquelles il fait face".

Mehmet n'a pas été payé pour son papier. C'était le deal. OK. Que Politique applique donc ses conclusions à sa propre stratégie éditoriale: oui, les conditions de travail des journalistes se détériorent. Y compris dans la presse progressiste!

C'est d'autant plus regrettable que la revue bénéficie de subsides revus à la hausse, depuis la récente réforme de l'aide publique à la presse (aux dépens, pour rappel, du Journal du Mardi).

Il est assez piquant de constater qu'un think tank libéral dénonce aussi la paupérisation des journalistes... Mais lui, au moins, incite les éditeurs à mieux les rémunérer!

Sources: Politique, Mehmet Koksal, Institut Montaigne, JDM.

Commentaires

Bonjour Molenews,

Je ne m'attendais pas à tant d'honneur en faisant la Une du blog. Suivant de près le monde du journalisme, je constate que c'est souvent dans la presse progressiste que les conditions de travail sont les plus difficiles.

La situation en France est assez catastrophique à ce sujet. Je me souviens d'avoir couvert pour mon blog la révolte des banlieues de l'année dernière en allant à Clichy. A la même période à Paris, j'ai pu assister à la manif des journalistes stagiaires dans les grands quotidiens français. Les stagiaires (évidemment non rémunérés) ont souvent le rôle le plus ingras dans les rédactions. Ils organisaient une manifestation pour dénoncer les dérives, particulièrement frappantes dans la presse progressiste française. Tu sais qui a été envoyé par Libé pour traiter l'info ? Un journaliste stagiaire... bénévole !

Tout ça pour dire qu'on nage en plein paradoxes permanent et que les rédactions devraient parfois faire le ménage en leur sein avant de faire la morale aux autres. En Belgique aussi, il faudrait que les grands médias (Le Soir, La Libre, La DH, RTBF, RTL...) qui bénéficient des aides à la presse s'engagent à rémunérer les journalistes stagiaires.

Par expérience, mon petit commentaire sur Politique mis en exergue par Molenews, aura probablement un seul effet : l'ajout de mon profil à la liste des collaborateurs à supprimer pour de futures collaborations.

Mais ce n'est pas la première fois que je prends des risques alors s'il faut se griller autant garder la beauté du geste et son honneur pour soi :)

Ecrit par : mehmet | vendredi, 27 octobre 2006

Personne n'est plus radin et mauvais payeur qu'un gauchiste subsidié, c'est bien connu. La plupart de ces gens s'imaginent que c'est un honneur de pouvoir travailler avec eux et qu'il constitue en soi un paiement plus que suffisant. C'est ce qu'on appelle le matérialisme historique. ;-)

Ecrit par : melodius | vendredi, 27 octobre 2006

Pour la crédibilité de Politique, on ne pouvait mieux faire! Il y a comme un petit un air de carnaval du "bien penser"...

Ecrit par : Promethee | vendredi, 27 octobre 2006

Politique, comme la Revue nouvelle, les Cahiers marxistes ou la Revue générale (pour citer quelques survivants belges), se veut une revue intellectuelle, pas un journal ni un magazine. Il n’est pas de coutume de payer les contributeurs à ce type de publication. Ceux-ci ne sont d’ailleurs que minoritairement des journalistes, bien plus souvent des académiques ou des chercheurs de centres d’études syndicaux, du Crisp, etc., qui tirent leurs revenus à d’autres sources. Je pense que certains iraient même jusqu’à payer pour apparaître dans ce type de presse, qui compense – compensait au moins – en notoriété et en réputation ce qu’elle ne peut offrir financièrement. Il est vrai qu’en termes de format (A4 avec articles courts) et de distribution (présence dans quelques kiosques), Politique joue peut-être un peu sur les deux tableaux (revue intellectuelle et magazine). Ceci dit, on n’y trouve pas de pub et le « Collectif éditorial » (alias « Comité de rédaction » ) est bénévole lui aussi. Difficile de la traiter sur le même plan que le Vif dans ces conditions…

Ecrit par : Edgar | vendredi, 27 octobre 2006

Salut,

@ the mole : C'est quoi ce délire ? Concrètement, ce que tu dis, c'est que personne n'a le droit d'écrire s'il n'est pas payé pour le faire ? C'est ça ? Il y a un truc que tu oublies et qui s'appelle la liberté d'expression et il se trouve qu'il y a des gens qui trouvent ça pas mal d'utiliser cette liberté d'expression, par exemple pour faire connaître leurs idées. Or, justement, Politique est une revue d'opinion. Sans rire, il n'y a pas grand-chose en commun entre des universitaires qui pondent un papier tous les trois mois dans Politique et des journalistes prolétarisés payés au signe pour machouiller de la dépêche Belga à longueur de journée, sans compter les heures sup'. Alors, évidemment, ce coup-ci, le dossier a principalement été écrit par des précaires, ce qui brouille un peu l'histoire, mais tout le monde sait bien quelles sont les règles du jeu en écrivant dans Politique.

Plus prosaïquement, si l'on applique la règle selon laquelle toute personne qui écrit dans une publication doit être payée (et attention, bien payée!), la plupart des petites publications disparaissent purement et simplement, aide à la presse ou pas. De quoi définitivement transformer en morne plaine l'électro-encéphalogramme déjà si peu vallonné de notre paysage médiatico-intellectuel wallon-bruxellois.

Tiens, au fait, Le Soir paye les auteurs de ses "cartes blanches" ? Non, évidemment. Pourtant, ce sont souvent les textes les plus intéressants du journal (perso, c'est systématiquement la première page que je lis).

@ mehmet : C'est quoi ce trip à la Calimero ? Autant tu peux écrire des trucs génialement bien tapés, autant, là, tu es complètement à côté de la plaque àmha et la posture de victime héroique (ou de héros victimisé, je ne sais pas) ne te vas pas très bien je trouve.

@ edgar : à ma connaissance, la revue Politique n'est pas diffusée en kiosques; uniquement en librairies : la liste des points de diffusion se trouve ici : http://politique.eu.org/larevue/librairies.html

ciao

François (co-coordinateur dudit dossier sur la précarité)

Ecrit par : François Schreuer | vendredi, 27 octobre 2006

Suis-je le seul à remarquer que nos gauchistes utilisent, comme par magie, des propos libéraux, dès qu'il s'agit de se défendre contre les attaques justifiées qui leur sont adressées?
Je crois que vous n'avez pas bien lu le billet de "molenews" (ou plutôt que vous refusez d'en tirer les conséquences logiques).
Que les choses soient claires une bonne fois pour toutes:
-personne n'a remis en cause le deal que vous passez avec vos collaborateurs. S'ils l'acceptent, ils n'ont pas à venir pleurer ensuite, ça c'est clair
-pourtant, comme tout gauchiste qui se respecte, vous êtes d'une mauvaise foi crasse puisque vous refusez d'accorder les privilèges, dont vous jouissez, aux autres revues et vous avez le culot ensuite d'élaborer un numéro sur le précariat alors que vous êtes un des fers de lance en matière de contribution au précariat.

Ecrit par : Roniberal | samedi, 28 octobre 2006

@ Roniberal : votre réponse appelle quelques précisions conceptuelles, il me semble.

Considérer que Politique est un "fer de lance" de la précarité est juste grotesque. Tout ce que vous démontrez, c'est votre méconnaissance effrayante de ce que peut recouvrir le terme "précarité" pour ceux qui la vivent. Si vous pensez que j'utilise des concepts "libéraux", permettez-moi de penser à mon tour que la récupération par des prétendus "libéraux" de concepts tels que la précarité est tout simplement scandaleuse. La précarité est un produit direct du système économique dérégulé dans lequel nous vivons; la quantité de souffrances que génère ce système pour les gens qui en sont les victimes et purement et simplement révoltante. Les "fer de lance" de la précarité, ce sont les agences d'interim, les chaînes de fast-food qui multiplient les statuts précaires, la politique européenne en matière d'asile et de migrations, la dérégulation du marché du travail,... mais pas une revue qui essaye de donner, avec ses modestes moyens, la parole à ceux qui subissent ce système.

Mais arrêtons-nous un moment aussi sur ce terme de "libéral", qui semble vous êtes cher. On peut certes jouer sur les mots et se contenter de considérer que le terme "libéral" semble renvoyer à "liberté" (sans doute est-ce tout ce qui vous reste pour garder un semblant de dignité intellectuelle), mais la façade s'écroule assez vite si l'on veut examiner ce que récouvre en réalité le "libéralisme", à quelles concrétions sociales ce mouvement de pensée donne lieu ici et maintenant (car dans l'absolu, permettez-moi aussi de vous le dire, je ne vois aucune objection à me parer du beau mot de "libéral"). En matière de libertés fondamentales, les actuels "libéraux" d'aujourd'hui, champions de l'imposture, sont généralement les pires fossoyeurs qui soient. Je peux vous citer des dizaines d'affaires, toutes plus scandaleuses que les autres, dans lesquelles, dans ce pays, la liberté d'expression a été mise à mal et dans laquelle les prétendus libéraux ont eu le soin rigoureux de se taire dans toutes les langues. Je me contenterai d'un exemple qui est celui de l'affaire Kimyongür (un "gauchiste", lui, soit dit en passant), citoyen belge qui fait l'objet d'un procès d'exception, après avoir failli être livré à la Turquie... tout pour quoi ? Pour avoir exprimé des idées. Je dois dire que ce constat de l'inconséquence des "libéraux" est particulièrement flagrant en ce qui concerne la liberté d'expression, justement, dont vous vous arrogez un peu vite un monopole.

Mais il y a un troisième terme dont vous faites un profond mésusage et cela désert une fois encore votre propos, c'est celui de "gauchiste", qui est défini de manière relativement rigoureuse et de désigne pas, comme vous semblez le penser, toute personne qui a des convictions "de gauche" mais bien un secteur assez précis et limité de l'extrême-gauche. Sachez, simplement à titre d'information, que la revue "Politique" présente plutôt un profil proche de ce qu'on pourrait nommer, si l'on était en France, la "gauche plurielle". Quant à moi, je ne rentre pas plus dans l'habit que semblez vouloir me tailler; mais peu importe.

Je vous souhaite une agréable journée;

Ecrit par : François Schreuer | samedi, 28 octobre 2006

Monsieur Schreuer, trois questions :

- Pourriez-vous me démontrer en quoi les chaînes de fast food et les agences d'intérim seraient néfastes à la création d'emplois ? Quick est tellement attractif que le groupe CDC se propose de le racheter, pour développer son réseau de restaurants. N'est-ce pas là la confirmation d'une belle réussite à la belge ? Chez Quick, vous pouvez devenir manager avant trente ans. Mais peut-être préférez-vous voir dans votre assiette la nourriture bio exempte d'OGM, subsidiée à grands frais par les pontes de l'Union Européenne ? Je vous réponds tout de suite : c'est votre droit le plus strict. Mais ne venez pas pleurer, plus tard, si vous mangez des tomates venues d'Espagne. Peut-être sont-elles simplement meilleures et moins chères...

- Pourriez-vous expliciter votre propos et nous détailler, comme vous prétendez pouvoir le faire, ces "dizaines d'affaires, toutes plus scandaleuses que les autres, dans lesquelles, dans ce pays, la liberté d'expression a été mise à mal et dans laquelle les prétendus libéraux ont eu le soin rigoureux de se taire dans toutes les langues" ? Cela m'intéresse, je prépare un livre sur les méfaits... du socialisme.

- B. Kimyongür a été "livré", comme vous dites, aux autorités turques, par une ministre de la Justice socialiste qui, au cours d'une réunion secrète (cela a même été montré dans le journal Le Soir, c'est vous dire) a tenu à se débarrasser de ce gêneur. Dame ! On peut comprendre qu'après l'affaire de l'évasion rocambolesque de Feryie Erdal, votre Laurette ait envie de serrer la vis.

Cela dit, vous avez totalement raison lorsque vous affirmez que la précarité est un "produit direct du système dérégulé dans lequel nous vivons" : jamais, à cause des politiques menées par la gauche, l'écart entre les riches et les pauvres n'a été aussi important. Deux exemples parmi d'autres (qui vous inviteront malheureusement, et si vous en prenez la peine, à compulser un livre d'économie élémentaire) : l'encadrement des loyers voulu par le PS au Fédéral, et l'aveuglement idéologique de Mme Uytebroeck, qui pose "ses" conditions à la libéralisation du marché de l'énergie à Bruxelles (Le Soir a aussi dénoncé cette position, c'est vous dire !).

Deux exemples qui montrent que, lorsque le PS et Ecolo le désirent vraiment, ils peuvent maintenir les pauvres dans leur précarité, et conserver ainsi leur base électorale. En route pour 2007 !

Concernant le débat autour de la revue "Politique" et des autres, mon discours est simple : vive la liberté de la presse. En tant que journaliste, je suivrai de près, cela dit, les agonies du Journal du Mardi et de Libération. Deux journaux clairement marqués à droite...

Ecrit par : ludovic | samedi, 28 octobre 2006

@Ludovic,

Allons, camarade! Réfléchissez donc un peu! Un emploi Rosetta de "steward taxis" à la gare du Midi, c'est aussi ingrat et mal payé que de vider des poubelles à partir de 21h dans le couloir obscure d'une PMI, mais il y a une différence notable pour le "bien penser": dans un cas, c'est un emploi solidaire-éthique-citoyen et dans l'autre, le servage ourdi par un patronat néolibéral ;-)

Ecrit par : promethee | samedi, 28 octobre 2006

@François,
S'agissant de la précarité en tant que "produit direct d'une économie de plus en plus dérégulée", j'espère que vous n'aviez pas la Wallonie à l'esprit au moment de rédiger votre réponse.

Deux décennies d'héritage quasiment ininterrompue et marquée du sceau des Cools, Spitaels, Collignon, Dehousse, Coëme, Busquin et j'en passe, la fine fleur du "néolibéralisme wallon", les champions du "tout à l'économie et au patronat", il va s'en dire... ;-)

Ecrit par : promethee | samedi, 28 octobre 2006

@ludovic

Il y aurait beaucoup à répondre. Ou peut-être vaudrait-il mieux se taire. En deux mots : attribuer une partie de la précarité en matière de logement à l'encadrement des loyers "voulue" par Onkelinx relève de l'ignorance ou de la mauvaise foi. Si cet encadrement est "voulu", c'est bien qu'il n'est pas en vigueur et que le marché immobilier belge est actuellement un des plus dérégulé d'Europe et un de ceux où la part de logements publics (sociaux ou pas) est la plus faible. Oserais-je dire qu'on en voit les résultats? Un tel constat n'exonère en rien de leurs responsabilités, les gestionnaires lamentables et scandaleux d'une partie des rares logements publics existants.

Mais attribuer les conséquences négatives d'une politique à ceux qui déclarent vouloir la réformer relève d'une étrange gymnastique. Soit dit en passant, on est d'ailleurs sans doute plus dans le déclaratif que dans le concret puisque la "patate chaude" est renvoyée aux Régions : le petit propriétaire peut dormir tranquille.

Création d'emplois et précarité ne sont en rien contradictoires : la substitution du taux d'emploi au taux de chômage comme objectif politique (Statégie de Lisbonne) n'est à cet égard pas neutre. Mais, peut-être ferais-je mieux, plutôt que de perdre mon temps à vous expliquer le ba-ba, de vous renvoyer au numéro que Politique vient de faire paraître sur la question !

Ecrit par : Edgar | samedi, 28 octobre 2006

Edgar,

Vous avez raison sur l'essentiel : l'encadrement des loyers n'a aucunement provoqué de précarité sur le marché du logement. Et pour cause : la mesure a trop récemment été adoptée pour avoir été appliquée. Mais ses effets sont à prévoir (si tant est qu'une Région ose la mettre en oeuvre) : je vous invite simplementà constater les ravages qu'une politique de blocage des loyers a pu avoir en France :

http://www.fahayek.org/index.php?option=com_content&task=view&id=590&Itemid=44

En corollaire, cette question : pourquoi la gauche ne prend-elle aucune mesure pour favoriser l'accès à la propriété privée ?

"Création d'emplois et précarité ne sont en rien contradictoires" : encore une fois, vous avez raison. Prométhée a bien expliqué, dans un post précédent, ce qu'il en était. Question encore : pourquoi tant de travailleurs préfèrent-ils alors ladite "précarité" plutôt que le confort que peut leur apporter notre fameuse "sécurité sociale" ?

Partout, le constat est le même : à trop vouloir s'immiscer dans les affaires (strictement privées) qui lient le propriétaire (le travailleur) au locataire (à l'entreprise), l'Etat renforce la précarité... des uns et des autres. L'Etat devrait aussi se rappeler que, sans entrepreneurs, il n'y a pas de travail... Et la revue Politique qui, tout en s'abreuvant de susbides, ne rémunère pas ceux qui contribuent à la faire vivre, ne doit pas s'ériger en donneuse de leçons sur ce terrain...

Ecrit par : ludovic | samedi, 28 octobre 2006

@Schreuer,
je crois que je n'ai aucune leçon de "libéralisme" à recevoir de votre part et d'ailleurs, aucune leçon tout court quand on voit l'hypocrisie dont vous faites preuve en ne payant pas vos collaborateurs.
Je n'ai pas besoin, non plus, de répondre sur le reste car Ludovic l'a très bien fait.
En tout cas, l'association française Liberté Chérie a pour habitude de s'intéresser à la gauche-caviar et de montrer ses incohérences. Je crois que si le responsable de la cellule-idées me le permet, je vais me faire le grand plaisir de publier une brève sur notre site Internet et, peut-être même, d'envoyer une Newsletter à notre base de 20.000 sympathisants.
Merci à ce blog et surtout à RH pour avoir attiré mon attention sur cette affaire.

Ecrit par : Roniberal | samedi, 28 octobre 2006

Gosh, ça balance ferme sur Molenews... J'en reviens, ne m'en veuillez pas trop, au propos initial de ma note...

@Edgar: tu me renforces dans mon sentiment: la plupart des contributeurs des périodiques "intellectuels" tirent leurs revenus d'autres sources. Certes, mais Mehmet n'est pas un directeur de recheche grassement financé par une université ou un syndicat. Mehmet est journaliste indépendant. Il ne vit (modestement) que de sa plume. Il a gagné sa notoriété professionnelle sans "Politique". En l'occurence, c'est "Politique" qui profite à moindre frais du crédit de notre confrère.

@François: c'est quoi, ce délire? Où as-tu lu que j'estime que "personne n'a le droit d'écrire s'il n'est pas payé par le faire"?... Si tu commences par déformer mon propos, on est mal barré. D'accord avec toi, sur ce point: "il n'y a pas grand-chose en commun entre des universitaires qui pondent un papier tous les trois mois dans Politique et des journalistes prolétarisés"... Il n'y a rien de commun entre l'intellectuel qui livre une carte blanche au "Soir" ou un papier aux pages "Débats" de "La Libre" et un pigiste en quête de piges... C'est bien pourquoi il faut les traiter différemment: l'universitaire installé peut contribuer gratuitement, le journaliste prolétarisé que vous avez sollicité, lui, a le droit d'attendre une juste rétribution pour sa contribution, car il ne vit que de ça! Ce n'est pas "la règle du jeu" dans "Politique". Ah bon, s'il s'agit de respecter "la règle", quitte à s'asseoir sur la morale ou la décence, alors OK... Mais là, je m'interroge vraiment sur la sincérité des opinions que défend ta "revue d'opinion"! Je m'interroge aussi sur le mépris que tu affiches à l'égard de Mehmet (ce "Calimero" fait preuve d'un courage qui force le respect, dans la profession, mais tu n'aimes pas trop les journalistes, il est vrai).

@Melodius, Promethee, Roniberal, et Ludovic: Merci à tous les autres commentateurs (bénévoles!) de Molenews qui ont bien compris qu'il s'agit bien ici de morale (qu'on ne peut mépriser sous le prétexte de "règles" habituelles de fonctionnement). Si la revue "Politique" pratique vraiment ce qu'elle prétend penser face à l'essor d'un prolétariat médiatique, qu'elle rémunère, comme il se doit, Mehmet pour sa pige... The Mole s'engage à revenir sur le sujet pour rendre hommage à la sage résolution de "Politique"...

J'invite François (qu'il faut saluer pour avoir accepté le débat) à relire ma note sur la campagne "Pigiste pas pigeon", de l'AJP (http://molenews.hautetfort.com/archive/2006/09/15/pigiste-pas-pigeon.html). J'y signale que "Libertés", le mensuel d'Amnesty International, est le périodique qui rémunère le mieux ses journalistes indépendants. L'ONG partage le podium des titres les plus respectueux des pigistes avec "Casas (Je vais construire"), du groupe Roularta... Comme quoi une organisation de gauche et un suppôt de la propriété privée peuvent parfois se rejoindre dans le respect de leurs collaborateurs!

Ecrit par : The Mole | samedi, 28 octobre 2006

@François Schreuer et d'autres

Désolé, j''étais hors ligne et je tombe à peine sur vos commentaires très intéressants. Je ne comprends pas certaines réactions donc je vais essayer d'aligner quelques faits :

(1) j'ai été sollicité par la revue Politique pour collaborer à son dossier sur la précarité et j'ai accepté de pondre un article dans les plus brefs délais
(2) il n'y a pas eu de discussion sur une quelconque rémunération
(3) comme Molenews parle du dossier de Politique, je soulève un paradoxe car la revue progressiste traite de la précarité tout en contribuant elle-même à la précarité de ses collaborateurs en ne les rémunérant pas
(4) je n'ai pas été payé pour ma collaboration
(5) je suis journaliste indépendant et j'explique justement dans mon article pour la revue Politique la précarité de mes conditions de travail

Maintenant place à mon commentaire : si je comprends bien, on me reproche de rendre public un fait : non seulement, je ne suis pas rémunéré mais en plus je ne pouvais pas en parler. Je remarque au passage qu'en cas d'absence d'accord (non accord tacite), c'est le boss qui gagne à tous les coups. Pourquoi devrait-on conclure qu'en l'absence de discussion, une collaboration est d'office bénévole ? C'est sûrement encore une idée forgée par des intellectuels de droite... et mise en pratique par des intellectuels de gauche. Est-il logique de demander un produit ou un service sans poser la question du prix ? (oui, en Corée du Nord)

Il n'y a pas eu d'accord explicite pour un quelconque paiement, c'est un fait. D'ailleurs, moi aussi, la prochaine fois que j'achèterai mon pain, si mon boulanger ne bronche pas, je vais me casser de la boutique avec ma baguette sous le bras. A lui de prouver un quelconque accord écrit en cas d'évocation publique, et toc ! Franchement de quoi devrait-il se plaindre ce petit boulanger ? Un éminent journaliste précaire, qui publie gratuitement dans la revue intellectuelle Politique alors que d'autres payeraient pour y apparaître, rend honneur à sa boulangerie en décidant de venir y chercher son pain. Je me demande même s'il ne devrait pas me payer pour le coup de pub que je lui fais en décidant de manger son pain gratuitement et pas celui du voisin. Je m'en fous complètement s'il a passé des heures et des nuits à fabriquer son produit fini, il profite tout simplement de la pub que je lui offre gracieusement...

Plus sérieusement, je ne joue pas au martyr ou à Calimero et je m'en fous de la rémunération personnelle. Ce n'est ni la première ni la dernière fois que j'écris gratuitement. Ce n'est pas non plus la première (la dernière?) fois que j'écris gratuitement dans la revue Politique. Je m'intéresse plus spécialement au paradoxe dans le dossier (résumé joliment par The Mole : faites ce que je dis pas ce que je fais). Je critique aussi l'exploitation à outrance des journalistes stagiaires dans les grandes rédactions (Le Soir, la DH, La Libre, RTBF, RTL,...)

Je note au passage la hauteur intellectuelle dont fait preuve la rédaction de Politique. Ils me demandent en tant que "représentant typique de l’intello précaire, surqualifié et abonné aux contrats précaires" d'écrire un article sur mes conditions de travail. L'article dans la revue détaille des faits graves comme le manque de couverture médicale ou sociale pour un indépendant. La réaction de la revue : c'est bien écrit. Pas d'interrogation sur sa propre manière de traiter ses collaborateurs, pas de remise en question sur les méthodes qu'on aime dénoncer. Cela mériterait au moins un débat (public) pour une revue de débats.

A mes yeux, il est urgent que toute publication bénéficiant des aides publiques à la presse (et je viens d'apprendre par Molenews que la revue Politique bénéficie de ces aides) s'engage par écrit à rémunérer ses collaborateurs au moins à un tarif minimum que mérite un journaliste indépendant.

Bon, si la personne perçoit déjà un salaire (ex : chercheur à l'université, journaliste retraité de la RTBF, attaché de cabinet ministériel,...),on pourrait lui refuser le cumul des rémunérations, bien que le paiement d'un cachet ne serait pas scandaleux vu le travail fourni. Contrairement à d'autres professions, un journaliste ne s'appuie que sur ses collaborations écrites pour gagner sa vie. Dans ce contexte, on devrait même refuser les collaborateurs idéologiques qui décident de ne pas percevoir une rémunération sur le principe de "faire avancer la cause" car ils deviendront rapidement majoritaires dans toutes les rédactions.

J'aime aussi le débat et je suis prêt à m'expliquer devant la rédaction de Politique sur ce point si nécessaire. Comme Politique est justement "la revue des débats", je crois qu'il serait utile de publier tous les commentaires pour lancer le débat avec ses lecteurs.

La littérature de The Mole est généralement hors de prix mais je suis sûr qu'il leur fera un prix d'amis pour "faire avancer la cause" ...

Ecrit par : mehmet | dimanche, 29 octobre 2006

Beaucoup de blabla où est noyée la question qui tache : on parlait ici avant que cela ne parte en couille de précarité des pigistes dans la presse. Si cette précarité est elle aussi « un produit direct du système économique dérégulé dans lequel nous vivons », cela voudrait-il dire que dans votre vision des choses, pour remédier aux problèmes, le secteur presse devrait être régulé.

Bref, faire disparaître la presse mais en même temps la cloisonner et fonctionnariser ses acteurs. Pravda, le retour ?

Ecrit par : SC | dimanche, 29 octobre 2006

FAIRE DISPARAITRE LA PRECARITE, pas la presse, sorry

Tiens, sinon, Mehmet, as-tu le droit de republier ton billet ailleurs, je serais curieux de le lire (et trop précaire pour me payer Politiques ;-DDDD)

Ecrit par : SC | dimanche, 29 octobre 2006

Je ne peux statutairement (fonctionnaire) pas, ni ne souhaite particulièrement (mon salaire me suffit), être rémunéré pour les articles que je publie de temps en temps (et de moins en moins parce que mon site, ma liste de diffusion et mon blog me suffisent amplement).
Toutefois, je constate que les seuls qui m'aient proposé un défraiement autre que quelques exemplaires du numéro ou de l'ouvrage auquel j'avais contribué sont:
- Felice Dassetto, pour mon bouquin de 1999 dans sa collection SYBIDI: remboursement sur facture des livres achetés pour rédiger le bouquin à concurrence de 300 euro et réduction en tant qu'auteur sur les ouvrages achetés (pas seulement le mien !) aux éditions Academia-Bruylant
- la VRT radio, pour un long entretien (en néerlandais) après les élections régionales de 2004: remboursement forfaitaire (équivalent taxi) des frais de déplacement jusqu'au studio (aller-retour)
- le CBAI pour mes collaborations occasionnelles à l'Agenda interculturel: un abonnement gratuit (je précise que, jusqu'à sa disparition, je bénéficiais du même avantage à Nouvelle Tribune)
J'ai souvent eu l'impression que les responsables d'autres revues auxquelles il m'est arrivé de collaborer ponctuellement (les deux qui me viennent à l'esprit sont Politique et Migrations-Société) considéraient, sans même en faire mention explicitement, qu'il allait de soi que je m'y abonne à mes frais, parce que les autres contributeurs soit y étaient abonnés soit y avaient accès par des abonnements souscrits par leur organisme employeur (les bibliothèques universitaires par exemple). Sans réaliser qu'un abonnement + un abonnement + un abonnement, pour des revues pas bon marché, ça devient vite ingérable. Je ne me suis d'ailleurs jamais abonné à ce revues, je préfère aller les lire une fois tous les deux ans en bibliothèque...
Ceci dit, la situation de Mehmet et des autres journalistes précaires ne se limite pas à ce problème de non rémunération par des revues progressistes "militantes", il y a aussi d'autres sollicitations pour des prestations dont il "va de soi" qu'elles ne seront pas rémunérées alors que les organisateurs reçoivent des subsides spécifiques à cet effet, je pense surtout aux participations à des colloques ou conférences, en tant qu'invité ou en tant que modérateur/présentateur.
Là aussi, j'ai eu des expériences positives avec au moins remboursement des frais de déplacement et de séjour (Paris 2002 et 2006), ça me suffit amplement, mais quand on propose à quelqu'un comme Mehmet d'animer toute une soirée comme modérateur j'estime anormal que l'organisateur ne lui propose pas spontanément un défraiement à un tarif honorable (pas des cacahuètes). Et Mehmet a raison de décliner ce genre d'"invitations" si on ne lui propose en échange que l'"honneur d'avoir été Choisi"...

Ecrit par : Pierre-Yves | dimanche, 29 octobre 2006

Ben, faut pas y aller et puis c'est tout. A moins d'y trouver son panard d'une façon ou d'une autre.

Je ne comprends pas trop cette polémique ici en cours : à partir du moment où vous acceptez un truc pour la gloire, pourquoi après venir gromeler que ce n'est pas payé?

Cela dit, le discours de ce Schreur est assez abracadrantesque, hahaha... "Marché dérégulé", tu parles...

Ecrit par : SC | dimanche, 29 octobre 2006

@Sergio: "Je ne comprends pas trop cette polémique ici en cours : à partir du moment où vous acceptez un truc pour la gloire, pourquoi après venir gromeler que ce n'est pas payé?"... Le problème n'est pas là. Il tient au contenu même du dossier de "Politique" qui consiste à dénoncer un précariat rampant, notamment dans la presse. Moralement, "Politique" ne peut tenir ce discours et en même temps s'abstenir de rémunérer comme il se doit le journaliste précaire qu'elle a sollicité pour fournir un papier-témoignage!

@Mehmet: ce serait bien qu'on puisse lire ce papier, qui n'est pas en libre accès sur le site de "Politique"...

Ecrit par : The Mole | dimanche, 29 octobre 2006

« Il tient au contenu même du dossier de "Politique" qui consiste à dénoncer un précariat rampant, notamment dans la presse. Moralement, "Politique" ne peut tenir ce discours et en même temps s'abstenir de rémunérer comme il se doit le journaliste précaire qu'elle a sollicité pour fournir un papier-témoignage! »

Je suis d’accord que c’est une fois de plus très abracadabrantesque ; d’un autre côté, si j’accepte un truc non rémunéré, je ne vais pas non plus après aller ronchonner que je n’ai pas été payé. A moins d’avoir été berné, d’avoir pensé gagner un peu de sous en captant mal un sous-entendu ou l’intention des responsables de Politique.

Moi, je dis que Mehmet aurait été interviewé, il n’y aurait pas eu débat autour de la non-rémunération. Bref, la question, c’est qu’est-ce qui l’a poussé à écrire lui-même le papier plutôt que de se faire interroger dans un bistrot ? (Politique aurait bien payé un ou deux godets, non ?)

Ecrit par : AbracadabrandteSC | dimanche, 29 octobre 2006

Bien vu, SC ! Sauf que, vois-tu, les gens qui participent à des revues comme Politique DETESTENT les interviews. C'est un genre journalistique qu'ils n'aiment pas, un point c'est tout. Je me souviens d'un article dans Le Monde Diplo où, justement, le Ramonet assimilait les interviews à de la paresse journalistique, et prévenait qu'on n'en verrait jamais dans son journal.

Cela dit, je n'ai pas vraiment d'avis sur le débat dont il est question ici. Ne pas être payé pour un article écrit dans une revue d'opinions, pourquoi pas ? Il ne faut pas s'aveugler : aides à la presse ou pas, si Politique devait rémunérer tous ses collaborateurs au même tarif que Le Soir ou La Libre, eh bien, elle ne pourrait tout simplement pas survivre...
Le tout est que les règles du jeu soient bien claires, et que les journalistes invités à contribuer sachent à l'avance qu'ils ne vont pas ramasser le pactole.

Ecrit par : Chuperpaco | dimanche, 29 octobre 2006

@ludovic: Bon, le message auquel je réponds se trouve nettement plus haut dans le fil de la conversation et je tique sur un point tout à fait extérieur à la conversation en cours, mais ça m'énerve trop: POURRAIT-ON ARRÊTER D'APPELER QUICK UNE CHAÎNE DE RESTAURANTS? (bon, j'arrête de crier). Dire d'un Quick ou d'un MacDo que c'est un restaurant, c'est insulter Escoffier, Wynants (Pierre, pas Jean-Marie!) et Bocuse. Un fast food n'est qu'une friterie un peu plus propre qui vend, en plus des frites, des petits pains mous à la viande et des salades en plastique. Ou alors, qu'on décréte qu'il n'y a aucune différence entre le fritkot de la place Flagey et le Comme chez Soi.

Maintenant, je suis très heureux d'apprendre qu'on peut devenir manager d'un Quick avant 30 ans. C'est être client d'un Quick après 30 ans qui est plus inquiétant...

Ecrit par : En retard mais soit... | dimanche, 29 octobre 2006

@Serge : je répète encore une fois. Je ne me plains pas ! Je soulève un paradoxe entre le dossier sur la précarité, les pratiques qu'on dénonce et ses propres pratiques professionnelles. On ne m'a pas payé pour mon article sur la précarité, c'est un fait, et je pense avoir le droit de l'évoquer sans jouer au martyr.

@The Mole : Je ne peux malheureusement pas publier mon papier en ligne sous peine de concurrencer la revue Politique. Je vous invite à acheter le numéro auprès de la rédaction. Je me demande d'ailleurs si la revue n'a pas les droits de reproduction pour ses articles publiés.

Ecrit par : mehmet | dimanche, 29 octobre 2006

Vous avez bien lu, il "n'est pas de coûtume" de payer les gens qui dénoncent le patronat qui paye, certes, mais insuffisamment. Seuls les mauvais esprits virant vers le poujadisme y verront malice.

"Les "fer de lance" de la précarité, ce sont les agences d'interim, les chaînes de fast-food qui multiplient les statuts précaires, la politique européenne en matière d'asile et de migrations, la dérégulation du marché du travail,... mais pas une revue qui essaye de donner, avec ses modestes moyens, la parole à ceux qui subissent ce système."

C'est vrai que contrairement à la revue qui essaye de donner la parole à ceux qui subissent le système, les agences d'interim, les McDo e tutti quanti payent les gens qui bossent pour eux... Je crois que je vais commencer à lire "Politique", une hypocrisie aussi monumentale et décomplexée a un je ne sais quoi de profondément jubilatoire.

Bon, sur ce je vous laisse, j'ai quelques prolétaires chinois à exploiter.

Ecrit par : melodius | dimanche, 29 octobre 2006

Vous avez bien lu, il "n'est pas de coûtume" de payer les gens qui dénoncent le patronat qui paye, certes, mais insuffisamment. Seuls les mauvais esprits virant vers le poujadisme y verront malice.

"Les "fer de lance" de la précarité, ce sont les agences d'interim, les chaînes de fast-food qui multiplient les statuts précaires, la politique européenne en matière d'asile et de migrations, la dérégulation du marché du travail,... mais pas une revue qui essaye de donner, avec ses modestes moyens, la parole à ceux qui subissent ce système."

C'est vrai que contrairement à la revue qui essaye de donner la parole à ceux qui subissent le système, les agences d'interim, les McDo e tutti quanti payent les gens qui bossent pour eux... Je crois que je vais commencer à lire "Politique", une hypocrisie aussi monumentale et décomplexée a un je ne sais quoi de profondément jubilatoire.

Bon, sur ce je vous laisse, j'ai quelques prolétaires chinois à exploiter.

Ecrit par : melodius | dimanche, 29 octobre 2006

@Mehmet.
Moi, dans le cas de figure dont on parle, des gros paradoxes, j’en vois 2 :

1. Chez Politique, celui d’effectivement se désoler publiquement de la précarité sans pour autant rétribuer un collaborateur au dossier.
2. Chez toi, celui d’accepter d’écrire un article sur la précarité sans être rétribué, ni même garder les droits sur le texte.

Bref, je reviens avec mes mêmes questions : quelle a été ta motivation à accepter ce truc ? Pourquoi ne pas avoir simplement rencardé Politique sur quelques pistes et laissé faire le boulot par quelqu’un d’autre ?

Ecrit par : SC | dimanche, 29 octobre 2006

Bonsoir à tous,

Waouw, plein de réponses.

Je réponds rapidement aux points sur lesquels je suis directement interpellé (en espérant ne pas en oublier -- et en trouvant que l'organisation non structurée des commentaires n'est vraiment idéale pour cela).

D'abord, je précise, si ce n'est pas clair, que je ne suis aucunement le porte-parole de la Revue. J'ai coordonné le dossier pour elle et je fais partie du collectif éditorial, mais je ne connais pas son budget. J'ignore notamment (même si je vais bien entendu me renseigne sur le sujet dans les jours qui viennent) quel est le montant des aides à la presse que la revue reçoit (et si ce montant permettrait, comme le suggère mehmet, de payer tous les contributeurs de la revue à un tarif minimum; je suppose que ce n'est pas le cas). Ce n'est pas moi qui décide de qui reçoit quoi, etc. Bref, merci d'éviter d'attribuer à "Politique" les éventuelles conneries que je peux raconter et que j'assume très bien tout seul.

Commençons par dégonfler cette histoire de rémunération de mehmet. Je suis d'accord avec le paradoxe soulevé, c'est pertinent. J'admets personnellement ne pas avoir été interloqué par le truc en faisant le dossier, et pas seulement par Mehmet puisque pas mal d'autres personnes qui ont écrits dans ce dossier étaient aussi des précaires. Simplement, l'optique dans laquelle nous nous sommes trouvés était celle de faire connaître une situation et des idées qui nous tiennent à coeur et pour lesquelles nous nous battons et cela semblait déjà une opportunité exceptionnelle que de pouvoir écrire ce dossier. Je pense, cela dit, que si mehmet l'avait demandé (ou le demande), je vois mal les responsables de la revue lui refuser un paiement pour ce qui est effectivement une pige (un article demandé, avec un sujet précis, à une personne dont la profession est journaliste indépendant, etc). Autrement dit, je suis certain à 100% que Politique n'a jamais _refusé_ de payer Mehmet, je crois simplement que la question ne s'est pas posée.

@ The Mole. Je ne déforme rien du tout. Je pose une question. J'essaye de tirer les conséquences de ton propos et de te demander si tu les assumes, rien de plus. Par contre, je ne sais pas où tu vas tirer que je "n'aime pas beaucoup les journalistes". C'est pas un peu gratuit comme affirmation ?

@ Roniberal. Vous vous enfoncez, et ne donnez aucun argument supplémentaire. Le terme de "gauche caviar" employé à tout bout de champ comme vous le faites (et de manière totalement inappropriée ici) relève du registre lexical de l'extrême-droite (allez faire un tour sur les sites, c'est instructif, et très utile pour apprendre la manière dont il faut éviter de s'exprimer). Dans "gauche caviar", il faut pouvoir justifier l'usage du terme "caviar".

@ ludovic. Le fait que les chaînes de fast-fodd "créent" de l'emploi m'indiffère absolument, tout comme je me désintéresse de la perspective de devenir "manager" (quel horrible mot) avant trente ans ou même après; ce qui, comme le fait remarquer edgar, n'est d'ailleurs absolument pas incompatible avec le fait de créer en même temps de la précarité. Je m'intéresse à ce que chacun puisse vivre dignement, c'est-à-dire notamment dispose du revenu suffisant pour ce faire. Je ne m'intéresse pas, dans un contexte de surproduction et de destruction écologique gravissime de notre planète, à augmenter la production pour permettre à chacun de passer ses journées derrière un comptoit de Mac Donnald. Ceci mérite bien sûr d'être développé plus longuement que ce qui n'est possible ici dans ce petit cadre de texte de 150 px de haut, mais peut se résumer par l'idée que c'est la redistribution qui pose problème dans le monde occidental aujourd'hui et pas la création de richesses supplémentaires. Autrement dit, c'est une approche de la question sociale par le revenu plutôt que par le travail. Lisez le dossier de Politique, ou la revue Multitudes, pour en savoir plus.

Par ailleurs, je ne comprends pas l'amalgame que vous semblez faire entre moi et la position du PS, en notamment Laurette Onkelinx. Bien sûr que Laurette Onkelinx a une responsabilité écrasante dans l'affaire Kimyongür (lisez mon blog). Elle n'est, cela dit, pas la seule, et, surtout, les soi-disant libéraux qui siègent au gouvernement et au parlement, odieux tartuffes défenseurs de l'ordre et non des individus (et bien sûr pas des collectifs), ont contribué pour certains à la scandaleuse tentative d'extradition extra-judiciaire de Kimyongur, entre autres choses (l'Intérieur et les Affaires étrangères ont forcément été mêlés à l'affaire) et se sont abstenus d'émettre la moindre critique (les questions parlementaires sont venues de Jean Cornil, de Pierre Galand et de Josy Dubié, que je remercie infiniment pour leur courage). Dans n'importe quel Etat démocratique, Onkelinx aurait dû démisonner séance tenante (et peut-être tout le gouvernement avec elle). Dans notre régime spectaculaire, malgré que les faits ont été dénoncé (que Marc Medpenningen soit remercié pour cela), pas un parlemantaire n'a osé réclamer la tête d'Onkelinx, "libéral" ou pas, pas même les gens qui se disent "au dessus des clivages partisans" ou "libres" ou je ne sais quoi (ohé, M. Alain Destexhe, où êtes-vous, si vous êtes vraiment un franc tireur comme vous voulez le faire croire, il y a de la matière à traiter).

Concernant les outrages aux libertés fondamentales qui se produisent dans notre pays, allez faire un tour du côté de la Ligue des droits de l'homme, des associations qui travaillent dans et autour des centres fermés ou auprès de juristes travaillant dans le secteur du droit des étrangers. Croyez-moi, vous serez servis. Et dans 99% des cas, désolé de vous décevoir, les méfaits ne sont pas à chercher du côté du PS, que vous honissez visiblement, mais plutôt du côté de la droite flamande (ben oui, c'est comme ça).

Enfin, oui, je préfère manger des tomates garanties sans OGM plutôt que ce qu'on sert dans un fast food. Je les préfère cependant produites localement et suis partisan de mesures concrètes pour favoriser cela (par exemple l'établissement, au niveau européen, d'une taxe sur le kérosène de plusieurs euros par litre ainsi qu'à la suppression de tous les avantages fiscaux scandaleux dont bénéficient les entreprises de transports par camions), même si je ne comprends pas le sens des conclusions que vous tirez sur ce point.

@ Prométhée. Sur la Wallonie (je n'entre pas dans le débat sur la Wallonie ici, ça ferait trop, mais j'ai déjà écrit un certain nombre de choses sur le sujet), je ne pense pas que ce soit à ce niveau que le problème se pose. Je vous suggère fortement la lecture de l'article d'Alain Supiot paru dans le numéro de mai de la New Left Review. Il y démontre, entre autres choses et de façon extrêmement brillante, que la précarité n'est pas générée ou maitrisable par la législation sociale (c'est-à-dire par la législation qui est maîtrisée par les états, voire même par les régions dans le cas de la Belgique), mais dépend globalement beaucoup plus des législations économiques internationales, en particulier au niveau du commerce. Autrement dit, mon propos est à prendre ici à un niveau plus global, par exemple au niveau de l'Union européenne. C'est pour cette raison que je suis favorable à la création de droits sociaux au niveau de l'UE, contre l'avis d'autres personnes à gauche, qui pensent cela trop risqué (démantètelement des systèmes nationaux) et que je milite ardemment pour une remise à plat des traités conclus dans le cadre du GATT puis de l'OMC et que je suis favorable à l'abolition du principe du libre échange pour le remplacer par un principe de l'échange équitable (permettant de favoriser les pays les plus faibles et d'obliger les pays émergents à se doter de systèmes de protection sociale, de droits syndicaux, etc). Ici encore, ma réponse n'est qu'une ébauche, mais il est difficile de faire plus.

@ mehmet. Le terme "Caliméro" ne visait que la phrase suivante: "Par expérience, mon petit commentaire sur Politique mis en exergue par Molenews, aura probablement un seul effet : l'ajout de mon profil à la liste des collaborateurs à supprimer pour de futures collaborations. Mais ce n'est pas la première fois que je prends des risques alors s'il faut se griller autant garder la beauté du geste et son honneur pour soi :)". Pour le reste, je suis plutôt d'accord avec ce que tu dis.

@ chuperpaco. Oui, effectivement, il est bien possible que plusieurs personnes dans le comité de la revue trouvent que les interviews ne sont pas nécessairement une forme journalistique satisfaisante. Cela dit, on retrouve quand même un certain nombre d'interviews dans la revue, et notamment deux dans le présent dossier, ce qui a sans doute joué dans le fait qu'il a été proposé à Mehmet d'écrire un article et non d'être interviewé.

Faites signe si j'ai oublié l'un ou l'autre point...

bonne fin de soirée,

François

Ecrit par : François Schreuer | dimanche, 29 octobre 2006

Vous allez me faire le plaisir de me parler sur un autre ton. Je ne suis pas sûr que ce soit moi qui m'enfonce le plus au cours de ce débat où vous avez prêté à "Molenews" comme à Ronnie Hayek du blog "Chacun Pour Soi", des propos qui n'étaient pas les leurs.
Le terme de "gauche-caviar" est réel car celle-ci a tendance à refuser aux autres, les avantages qu'elle s'accorde à elle-même, votre journal abject en étant la plus belle preuve.
Pourquoi n'avouez-vous pas, une fois pour toutes, que vous avez fait une erreur manifeste et que votre journal est une des causes premières de la précarité des journalistes?
Vous avez été payé, vous, pour réaliser ce stupide dossier? Si oui, ne trouvez-vous pas votre attitude bizarre et "negrière" que de faire travailler des gens impayés tandis que vous l'êtes? Si non, pourquoi ne dénoncez-vous pas les pratiques de "Politique" qui vous demande de réaliser un dossier sur le précariat sans vous payer?
Sinon, je vous attribue un point de Godwin pour avoir osé me dire: "Le terme de "gauche caviar" employé à tout bout de champ comme vous le faites relève du registre lexical de l'extrême-droite". Décidément, quand un gaucho de première ne sait pas quoi répondre à des arguments sensés, il est obligé de faire une comparaison avec l'extrême-droite, c'est plus fort que lui...

Ecrit par : Roniberal | dimanche, 29 octobre 2006

@ Roniberal.

Je suis désolé, mais vous n'argumentez pas, vous vous contentez d'aligner les effets de bord rhétoriques et les invectives. Vous ne répondez pas aux objections qu'on vous fait. Ca ne mène nulle part et je le regrette car si je prends le temps de répondre ici, c'est bien que j'espère le contraire. L'usage du terme "gauche caviar" pour désigner une asbl qui fait vivre vaille que vaille une revue (de qualité, àmha) avec les idées de laquelle vous n'êtes pas d'accord relève bel et bien du registre langagier usuel de l'extrême-droite. C'est une constation objective, point Godwin ou pas. Je vous accorde cependant que cette constatation n'a pas d'implication normative immédiate et est assez stérile sur le plan du débat.

Je dois dire cependant que votre obstination bornée à ne pas percevoir l'évidence qu'il y a du fait qu'une multinationale payant ses employés au salaire minimum et faisant des milliards de bénéfice et une association sans but lucratif composée quasi exclusivement de bénévoles (il y a un employé à Politique, qui est le secrétaire de rédaction) ne relèvent pas du même problème quant à l'analyse des "avantages" dont ils bénéficient m'aide beaucoup à percevoir toute la difficulté devant laquelle se trouvent tous ceux qui tentent de rendre la société dans laquelle nous vivons un petit moins injuste.

Enfin, pour répondre à votre question factuelle, j'ai été remboursé des frais engagés (déplacements, téléphone, achat de quelques bouquins et revues pour préparer le dossier), ce qui me semble correct. Je ne me sens ni négrier ni exploité. Je ne rentrerai pas plus loin dans des questions concernant ma vie privée car je déteste les arguments ad hominem quel que soit le sens dans lequel ils portent.

Ecrit par : François Schreuer | dimanche, 29 octobre 2006

Comme vous l'a fort bien dit melodius, il y a une grande différence entre "Politique" et les multinationales que vous pointez du doigt: celle que les premières paient ceux qui travaillent pour elles tandis que vous (je me fiche que vous soyez une association bénévole ou pas, en attendant, des gens se décarcassent pour vous de la même manière que les salariés, pour une multinationale), vous "exploitez", sans retour aucun, vos contributeurs.
Tel était le propos tenu par tous les commentateurs de l'article de "Molenews": on trouve juste que vous être fichtrement culotté pour aller cracher à la gueule des multinationales alors que vous-mêmes, vous n'aidez pas les journalistes précaires, mieux, vous les exploitez pour faire progresser votre idéologie socialiste nauséabonde.
Sinon, vous me faites doucement rigoler quand vous parlez de "marchés dérégulés": je ne sais vraiment pas dans quel monde vous vivez mais le libéralisme, ce n'est pas uniquement (ce n'est même pas du tout), les profits réalisés par les grandes boîtes.
Allez, comme vous m'avez l'air d'un gars sympathique, je vous donne un petit lien utile où vous pourrez apprendre les fondamentaux du libéralisme: http://www.liberaux.org/wiki/index.php?title=Accueil
Ne me remerciez surtout pas, c'est un plaisir pour moi!

Ecrit par : Roniberal | lundi, 30 octobre 2006

On a beau être entre gars sympathiques, on s'égare, on s'égare... La question n'est pas de savoir si la société se porte mieux sous un vent de socialisme régulateur ou de libéralisme dérégulateur, mais de savoir si oui ou non Mehmet sera payé pour sa contribution à "Politique": il me semble que François a entendu nos arguments (l'argument moral, surtour)... Il ne représente pas la revue, dit-il; s'engagerait-il au moins à relayer notre malaise auprès des vertueux Goldman, Le Paige et Richelle? Ce serait bien aussi, de savoir où va l'aide publique versée à "Politique"? Tu fais suivre aussi la question, François (tu auras tt le temps après d'aller lire la propagande à Roni)? Merci ;-)

Ecrit par : The Mole | lundi, 30 octobre 2006

@ Roniberal

Posons la question autrement: quelle place a le bénévolat dans votre système de pensée? Concevez-vous qu'il soit légitime que des citoyens s'associent pour créer en commun des activités, sans se faire payer pour cela? Si oui, pour quelle raison refusez-vous de faire rentrer "Politique" sous ce régime?

Quand j'écris un article dans Politique (ou quand je signe une carte blanche dans un quotidien, d'ailleurs), il s'agit toujours d'un texte dont la parution fait sens pour moi. Généralement, j'aurais écrit ce texte et cherché à le diffuser même sans opporunité de le faire paraître dans une publication papier (c'est pour ça que j'ai ouvert un blog). Dès lors, je conçois la possibilité qui m'est donnée de diffuser ces textes non comme une exploitation de mon travail d'écriture mais bien comme une chance de faire connaître certaines idées dont j'estime très immodestement qu'elles en valent la peine. Quand j'écris (ce qui m'arrive aussi) dans d'autres publications en tant que journaliste (c'est-à-dire quand on me demande d'écrire un article sur tel sujet), je me fais payer quand c'est possible. Punt. Je pense que l'immense majorité des contributeurs de Politique se retrouvent dans ce cas (avec en plus le fait que la plupart d'entre eux ne sont pas précaires et touchent qui un salaire de professeur, qui un salaire de fonctionnaire, etc). L'hiatus, dans le cas présent, vient du fait que Mehmet est un pigiste et qu'il a été maladroit de ne pas en tenir compte. Et je pense, comme je l'ai dit, que cet hiatus peut être réparé très simplement (et aurait pu l'être immédiatement si Mehmet avait fait part de cette demande à la revue au moment d'accepter d'écrire ou de remettre son article).

Plus généralement, nous nous opposons semble-t-il sur le rôle de l'argent dans la société. Je crois qu'il est souhaitable de démarchandiser autant que possible toutes les relations sociales, d'éviter, chaque fois qu'il est possible, la médiation financière et de remplacer cela par ce qu'Ivan Illich appelle la "convivialité" ou que d'autres, grosso modo, ont pu nommer le "potlach". Votre approche suppose au contraire la systématisation d'une compensation de chaque geste posé par un humain par une rétribution financière, ce qui est non seulement impossible, mais en plus totalement aliénant. Comment gérez-vous ce problème ?

Pour le reste, je pense savoir assez bien ce qu'est le libéralisme, et c'est pour cela que je pense que les libertariens (ou anarcho-capitalistes, je ne sais pas ce que vous préférez ?) dans votre genre n'ont plus grand chose à voir avec le libéralisme des fondateurs (depuis Spinoza jusqu'à et y compris Adam Smith, pour l'essentiel) dont la gauche anti-autoritaire dont je me réclame me semble avoir hérité de façon bien plus crédible et légitime, ne vous en déplaise (lisez Zeev Sterhell à ce sujet).

Quant à votre ton condescendant, vous pouvez bien évidemment le rengainer. Tout comme l'argument (factuellement inexact de surcroît) de l'unanimité des commentateurs de ce billet : le fait que les lecteurs de The Mole qui prennent le temps de commenter ses billets soient, éventuellement (?), majoritairement de droite n'a absolument aucune implication sur la validité ou la pertinence des propos desdits commentateurs. Ca va sans dire, mais ça va mieux en le disant.

Ecrit par : François Schreuer | lundi, 30 octobre 2006

Il m'est d'avis, cher François, que certaines de mes notes sont plus que majoritairement commentées par des commentateurs de gauche. Je me réjouis de cet épatant oecuménisme!

Ecrit par : The Mole | lundi, 30 octobre 2006

Cité par "chacun pour soi", Molenews l'est aussi (assez régulièrement) par "mouvements.be", voire le rezo... Merci aux agents de cet intérêt multilatéral!

Ecrit par : The Mole | lundi, 30 octobre 2006

"La question n'est pas de savoir si la société se porte mieux sous un vent de socialisme régulateur ou de libéralisme dérégulateur, mais de savoir si oui ou non Mehmet sera payé pour sa contribution à "Politique""

L'a-t-il demandé ?

Ecrit par : Negativeland | lundi, 30 octobre 2006

@ François

Réponse très courte pour mettre en pratique ton argumentation : Je demande que "Politique" me rémunère pour ma pige au tarif de l'AGJPB.

En cas de paiement, j'annonce déjà que je compte reverser ce montant au cercle des étudiants en journalisme de l'ULB (où je ne connais plus personne) en motivant mon soutien aux futurs collaborateurs d'une profession en voie de prolétarisation.

Je promets aussi de transmettre la preuve de paiement à The Mole pour qu'il en fasse écho sur son blog.

Ecrit par : mehmet | lundi, 30 octobre 2006

Eh bien Mehmet, voilà qui clôture habilement ce débat qui aura eu le mérite de partir dans tous les sens (un peu de ma faute aussi, tiens), et de booster sérieusement les statistiques du Mole...

Ecrit par : ludovic | lundi, 30 octobre 2006

Je tiens à signaler que "Chacun Pour Soi", le repère francophone des ultra-libéraux assoiffés de sang prolétaire, a relevé les procédés dont a fait l'objet Kimyongür, bien que personne ne nous suspecte de sympathie pour l'idéologie mortifère de cet apologiste du terrorisme.

Je constate également que lorsqu'un gaucho instutitionnel grand teint comme François parle de "démarchandiser" les rapports sociaux, ça passe par la non-réumération de ceux qui ont la chance de travailler pour lui et donc pour l'avènement d'un monde meilleur. Rien de neuf sous le soleil: on reconnait bien sous le vocabulaire "alter" chébran les théories de Trotsky sur la militarisation du travail.

Ecrit par : melodius | lundi, 30 octobre 2006

Tiens, moi j'ai écrit un article dans Politique voici un an. Je voudrais aussi être rémunéré au tarif AGJPB (puisque je suis journaliste). Je pourrai ainsi verser l'intégralité du montant à la Fondation Hayek ou à tout autre tic-tac friedmano-nozickien. Ce sont, je crois, les derniers défenseurs de la veuve, de l'orphelin, de l'humilié et de l'opprimé. Leur révolte est ma révolte et leurs chaussettes trouées sont un peu les miennes. Derniers chevaliers blancs d'un monde qui n'égalise toujours pas les coûts marginaux, ils traquent sans relâche la gratuité dangereuse, qui, c'est bien connu, nous mènera tous à la Kolyma!
Mole : j'estime à 2,36 euros htva la valeur de cette contribution. Merci de ne pas oublier (5 grammes de caviar feront aussi l'affaire. Et pas de blague, pas des oeufs de lompe : je vous connais au Soir).

Ecrit par : Edgar | lundi, 30 octobre 2006

Pfffttttt... Tu te la joues pas un peu trop, Mehmet???

Ecrit par : SC | lundi, 30 octobre 2006

Clair qu'il se la joue le Mehmet.

Tout ceux qui ont déjà écrit pour Politique et autres revues savent très bien que ces revues ne rémunérent pas. Je vois pas l'intérêt de ce foin mais je dois être très candide.

On l'a déjà vu mieux inspiré qu'en pourfondeur de gauchistes.

Ecrit par : Un passant | lundi, 30 octobre 2006

@Molenews: on ne s'égare pas du tout, je crois qu'il est temps de mettre ce gaucho et sa revue face àleurs contradictions.

@François Schreuer: vous êtes mal placé pour me dire que le bénévolat n'a aucun sens dans ma vie puisque figurez-vous que, moi aussi, j'ai des responsabilités importantes dans une association libérale française, responsabilités qui me prennent un temps démesuré et je ne parle pas du Président de ladite association qui ne vit QUE pour elle. Alors, cessez votre petit numéro "et moi, je suis un humaniste contrairement aux méchants libéraux...".
Et puisque vous voulez "démarchandiser autant que possible les relations sociales", pourquoi n'appelez vous pas les salariés à ne pas réclamer de salaire à leurs employeurs si telle est votre logique. De plus, cette volonté de "démarchandisation des rapports sociaux", c'est VOTRE volonté, permettez-moi, ainsi que de nombreuses autres personnes, de ne pas la partager.
Sinon, cessez de pontifier sur la théorie libérale, vous vous ridiculisez à chaque post. Allez lire le lien que je vous ai donné et on en reparlera.

@Molenews: bonne nouvelle pour toi, le Responsable de la Cellule Idées de LC vient de me donner son feu vert, nous allons publier une petite brève sur cette histoire et mettre un lien vers ton blog.

Ecrit par : Roniberal | mardi, 31 octobre 2006

@un passant: je trouve au contraire Mehmet très inspiré... Ne le serait-il à tes yeux que quand il épargne les gauchistes? Bel esprit!

@Roniberal: sur ce point, on ne s'égare pas, de fait... A force de défendre de chastes principes sur son piedestal intello, "Politique" fini par perdre le sens des réalités. La revue d'Hugues Le Paige est ici en contradiction totale avec son propos. Elle n'en sortira dignement qu'en rétribuant ses contributeurs précaires.

Ecrit par : The Mole | mardi, 31 octobre 2006

@ mehmet

Fort bien; je suppose que tu ne te contenteras pas de cette proclamation urbi et orbi sur la présente page web et que tu auras l'amabilité de prendre contact avec la revue pour leur signaler que tu souhaites être payé (ce que, à ma connaissance, tu n'as pas pris la peine de faire et qui aurait pourtant été réellement plus simple que de lancer cette polémique un peu gonflée).

En ce qui me concerne, je ferai savoir que je trouve souhaitable de répondre positivement à cette demande, malgré le procédé inélégant (ne rien demander, ne rien dire, même, aux gens qui sont concernés, mais protester sur le web).

@ The Mole

Si Politique doit payer tous les précaires qui écrivent dans la revue, je te demanderai de soutenir le fait que Le Soir doit faire de même pour sa page débats (et d'ailleurs, j'ai justement écrit une carte blanche il y a quelques semaines,...).

@ Roniberal.

Très rapidement.

1. Votre agressivité fait presque peur. Tout comme votre propension systématique à recourir au procès d'intention et autres procédés falacieux, sans parler du mépris qui suinte de presque toutes vos phrases et qui rend somme toute votre commerce assez désagréable.

2. Je ne parle pas du sens de votre vie (vraiment pas). Je vous pose une question précise, à laquelle, comme à la plupart des précédentes, vous vous abstenez de répondre.

3. Libre à vous, mais je ne dialogue pas avec un mur. En conséquence, je décroche ici de ce débat, qui commence à tourner en rond. Je pense avoir répondu à l'essentiel de ce dont il a été débattu. Bonne continuation.

FS

PS : Je ne suis pas un humaniste.

Ecrit par : François Schreuer | mardi, 31 octobre 2006

Je tiens à dire (et ce sera ma dernière intervention ici) que j'ai été volontairement agressif à l'égard de notre ami afin de lui montrer un peu ce qu'enduraient nos entrepreneurs (qui ont pourtant le mérite, contrairement à cette revue, d'embaucher et de payer leurs salariés).
Voyez-vous, cher François, comme je vous l'ai déjà dit sur CPS, vous êtes les premiers, vous et votre revue, à aller cracher sur le patronat mais force est de reconnaître que votre contribution à la lutte contre le précariat est encore plus modeste que ces derniers et que votre seul argument, depuis le début du fil, a été de se parer de votre statut d'"association bénévole" qui vous va très mal.
De plus, cessez un peu de pleurnicher, je vous ai donné quelques arguments mais vous n'en avez pas tenu compte, après, je ne peux rien y faire.
Bonne soirée.

Ecrit par : Roniberal | mardi, 31 octobre 2006

Et mes questions précises, on y répond, oué, tas de crépeuses de chignons :

Mehmet, qu'est-ce que qui t'as poussé à écrire ce papier? Le prestige de la revue? l'idée que tu serais payé? Comme ça, parce que tu te faisais chier et que c'est mieux que de regarder la télé et que la piscine était fermée? Parce que la précarité, c'est ton combat?

Allez, allez... un peu de bonne vieille franchise ici, plutôt que tous ces grands mots tartinés sur de très petites idées!

Ecrit par : SC | mardi, 31 octobre 2006

@Mole : désolé si on s'est mal compris. Pour moi on peut taper sur tout le monde quand c'est juste. J'ai trouvé les critiques de Mehmet à l'égard d'Onkelinx, de Kir et du PS en général, d'une justesse implacable et salvatrice. Tu me rétorqueras, à raison, que ce ne sont pas des gauchistes. Mais...
Je n'ai aucune sympathie pour les gens de Politique. Je trouve leur revue d'une indigence rare sur le plan intellectuel et assez symptomatique de l'état de décrépitude intellectuelle de la gauche belge. Ce préalable étant posé, je sais, pour l'avoir expérimenté, que ce genre d'article ne s'apparente en aucun cas à des piges similaires à celles qu'on produit pour des quotidiens et des hebdomadaires. Si tu es bien informé, tu sais comme quoi que les montants de l'aide à la presse sont totalement ridicules et, pour une revue comme politique, ne servent qu'à couvrir qu'une partie du perpétuel déficit d'exploitation causé notamment par le non recours à la pub.
En bref, j'avoue ne pas comprendre ce ramdam et pense que Mehmet est plus efficace quand il se la joue Don Quichotte contre des moulins vraiment pourris.

Ecrit par : Un passant | mardi, 31 octobre 2006

Quel débat misérable. Si les publications "militantes" devaient rémunérer leurs auteurs alors autant mettre la clef sous le paillasson directement.

Après quel nombrillisme de journaleux, y a des précaires partout qui s'investissent bénévolement dans des actions associatives, militantes, ...

Pourquoi le travail de journaliste devrait être rémunéré et pasun travail associatif ?

Ecrit par : tom | mercredi, 01 novembre 2006

En voilà encore un qui n'a pas très bien compris le sens du débat: "Politique" est libre de ne pas payer ses journalistes mais alors qu'elle ne vienne pas donner de leçons aux autres, tel était notre propos.

Ecrit par : Roniberal | mercredi, 01 novembre 2006

Bien résumé, Roniberal... Tom, faut tout lire, depuis le début.

Ecrit par : The Mole | jeudi, 02 novembre 2006