mardi, 05 septembre 2006

Les mots sont importants. Les images aussi...

medium_ecran_lalibre_04_09.2.jpgLes mots sont importants. Un collectif salutaire vient souvent nous le rappeler... Mais les images le sont autant. L'illu, c'est de l'info, du contenu éditorial. Au même titre que le texte. Plaquer une illu de convenance approximative sur un sujet d'actu, c'est trahir la réalité. Mentir.

La photo-prétexte peut se justifier. A condition de ne pas tromper le lecteur, de clairement lui indiquer qu'il s'agit d'une illu d'archive, sans rapport immédiat avec le texte qu'elle illustre. Lundi, le site de La Libre illustrait un papier sur le port du voile à l'école, en Belgique, par une photo montrant deux fillettes voilées. Manifestement pas sous nos cieux.

Interpellée par un lecteur en ligne perspicace, la journaliste multimédia du site de La Libre a reconnu qu'il s'agissait d'une photo de l'agence AP "mettant en scène deux petites filles afghanes en classe. (...) Cette photo a été choisie par notre équipe car nous n'avons pu trouver aucune photo de filles voilées dans un contexte scolaire en Belgique auprès des agences de presse auxquelles nous sommes abonnés. Il n'y a pas possibilité de légender les photos sur notre site".

Pas vraiment de quoi convaincre notre lecteur attentif: "Iriez-vous montrer le parlement slovaque pour illustrer des débats au Parlement de la Région Wallonne? La réponse est évidente, cela n’aurait aucun sens. Si vous avez trouvé que cette illustration avait du sens, c’est que vous avez agi selon un présupposé, pour ne pas dire un préjugé, qui voulait que le voile à Kaboul ou à Bruxelles soit exactement la même chose. (...) En quelques clicks de souris vous contribuez à entretenir une confusion entre les questions que posent la pratique de la religion musulmane en Belgique et la situation politique de l’Afghanistan qui a connu plusieurs années d’un régime fanatique avant de subir une invasion et le chaos (...). Bien entendu, vous avez agi dans l’urgence, dans des conditions difficiles, mais les médecins qui travaillent dans l’urgence doivent quand même répondre de leurs fautes professionnelles"…

En cours d'après-midi, La Libre a finalement mis en ligne une photo moins ambigüe. Il lui reste à adhérer au collectif L'image est importante.

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