mardi, 05 septembre 2006
Comment sauver la PQ?
Solide contribution d'Adam Kesher sur l'avenir de la PQ, dans Le Monde Citoyen. L'article commente un rapport publié, fin août, par l'Institut Montaigne (le think tank de Claude Bébéar): "Comment sauver la presse quotidienne d'information" (sans point d'interrogation, of course).
Extrait éclairant, à nos yeux: "Une vraie culture d’indépendance d’esprit et de neutralité trouve difficilement sa place dans le contexte de pauvreté qui est celui de trop de rédactions et de trop de journalistes". Sans moyens, pas d'ambition. Juste, mais pas suffisant, nuance Kesher: "On ne peut pas balayer d’un revers de la main la question du contenu en la soumettant à l’économique".
La (piètre) qualité de l'offre est d'ailleurs abordée dans le rapport: "presse de connivences, tendance au catastrophisme, partialité du traitement médiatique, œillères idéologiques, presse trop politisée, trop répétitive, trop jargonnante".
Le rapport revendique la qualité rédactionnelle comme moyen de sortie de crise.
Kesher pointe trois pestes à combattre: l'élitisme, le catastrophisme et la partialité. Il s'agit, en d'autres termes, de rendre l'info accessible au plus grand nombre, de ne pas systématiquement censurer les bonnes nouvelles, et de rendre compte de la pluralité des opinions. “Pour une critique plurielle et pédagogique, qui n’empêche ni de se réjouir, ni de s’amuser”, résume Kesher, plaidant pour l'essor d'une presse moins impersonnelle et plus interactive: "En intégrant davantage de contributions de lecteurs, courriers, commentaires, posts sur des blogs, etc., la presse se rapprochera de son lectorat. A quand “l’édito de Koz” dans le Figaro?".
10:20 Publié dans Après demain | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note



Commentaires
Sauver la presse quotidienne ? Mais quel beau et vaste sujet de débat qui ne s'épuisera pas en un ouvrage. Sur le fond, il est évident qu'elle doit se remettre d'abord en question et sans s'attacher spécifiquement à des détails de maquette et de chemin de fer. Sa tendance à regarder si l'herbe est plus verte chez le concurrent contribue à ce que nos journaux se dénaturent : puisqu'il faut être populaire, soyons sensationnel ; puisqu'il faut parler des gens, misons tout sur les régions. Les lecteurs qui ne se retrouvent ni dans l'une ni dans l'autre démarche s'en détournent inévitablement. Quant à la qualité rédactionnelle, encore faudrait-il que les journalistes soient capables d'écrire correctement en français. Allons, pour terminer car mieux vaut en rire, une perle dénichée ce week-end en une des journaux du groupe Vers l'Avenir : "Des traces des fillettes sur son caleçon". Quand on lit ça, on préfère se dire "no future"...
Ecrit par : poppy | mardi, 05 septembre 2006
Aaargh! La perle de VA m'avait échappé, Poppy. Bien vu! D'accord avec toi sur le mimétisme maladif dont souffrent les rédac'chefs: ça n'aide pas vraiment un titre, quel qu'il soit, à se distinguer de la masse. Le pire, c'est l'alignement sur les choix éditoriaux des JT. Combien de fois n'a-t-on pas entendu, dans les rédactions de PQ: "La télé en parle... Nos lecteurs ne comprendraient pas qu'on n'en dise rien". Et c'est ainsi que la PQ du jour ressasse les storys des Jt de la veille. Motivant! Côté plume, des efforts sont engagés: les journalistes du "Soir" et de "VA" ont suivi les excellents ateliers d'écriture d'ESJ-Médias. Manifestement, ça n'a pas suffit!
Ecrit par : The Mole | mardi, 05 septembre 2006
Merci pour ce billet :)
On a toujours du mal à voir clair entre les accusations de populisme et celles d'élitisme... La ligne est fine et la question complexe...
A lire : la déclaration d'Elkkabach copiée-collée par JeanPhi, un lecteur sur l'article du Monde Citoyen : http://lemondecitoyen.com/2006/09/04/lavenir-de-la-presse-quotidienne-en-question/#comments
A écouter : le débat animé par Philippe Manière avec Serge July et le patron de Médiascopie, notamment...
http://www.institutmontaigne.org/site/page.php?page_id=2456
Ecrit par : adam kesher | mardi, 05 septembre 2006
Les commentaires sont fermés.